Après le Sénégal où 9 hommes, dont des acteurs de lutte contre le VIH, sont toujours emprisonnés pour homosexualité présumée, un autre Etat africain, le Burundi, fait craindre à des associations françaises qui travaillent sur place, une pénalisation des personnes homosexuelles.
Ainsi, le parlement burundais examine en ce moment une réforme du code pénal local. Si on peut se réjouir de l’abolition programmée de la peine capitale, le projet de loi insère un article visant à criminaliser l’homosexualité qui constituerait, selon le rapport, un «attentat à la pudeur» et serait «contraire au moeurs». Jusqu’ici, les autorités de Bujumbura n’avaient pas de base légale pour poursuivre les homosexuels de ce pays de la région des Grands Lacs. L’information, relayée par les associations AIDES et Sidaction, souligne que sera puni par le nouvel article 549 du code pénal «tout acte à caractère sexuel intervenant entre deux personnes du même sexe», à l’instar de la zoophilie. L’article 552 vient ensuite préciser la peine prévue : «une servitude pénale de trois mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille francs à cent mille francs ou d’une de ces peines seulement».
Selon les données épidémiologiques, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes en Afrique sont beaucoup plus exposés au VIH que la population adulte en général (entre 5 à 20 fois plus selon les pays). De plus il est démontré que discriminer et stigmatiser les homosexuels augmente considérablement les risques de transmission du VIH. «Au Burundi, avec une telle loi, il va être très difficile de poursuivre et de développer les programmes qui ciblent les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes» déplorent Aides et le Sidaction.
Les deux associations travaillent depuis plus 1997 au Burundi, peuplé de près de 9 millions d’habitants, et sont proches des militants et acteurs locaux de la lutte contre le sida. Elles appellent le gouvernement français, et plus globalement les instances internationales concernées par la lutte contre le sida et le respect des droits de l’homme, à «demander au Sénat burundais de rejeter catégoriquement cet article qui se révèle à la fois inutile (il n’améliore en aucun cas les conditions de vie des citoyens burundais) et inacceptable vis-à-vis des droits humains et de la lutte contre le VIH».
La Déclaration visant à la dépénalisation universelle de l’homosexualité présentée par la France aux Nations Unies a récemment remporté l’adhésion d’un tiers des pays membres de l’ONU dont certains pays africains comme le Gabon.
EN SAVOIR PLUS
Le communiqué de Aides et Sidaction en ligne : Ici.
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