in

Illico : la procédure d’interdiction abandonnée par le ministère de l’Intérieur

«Le ministre de l’Intérieur a décidé de ne pas faire usage, à l’endroit de la publication Illico, des pouvoirs qu’il tient de l’article 14 de la loi du 16 juillet 1949». C’est par cette courte indication que le directeur de cabinet de François Barouin a répondu au conseil du magazine gay.

Selon nos informations, cette issue était connue depuis la médiatisation même de cette affaire, le ministère de l’Intérieur aurait pris langue avec la publication pour régler ce contentieux avant le second tour de l’élection présidentielle mais refusait de répondre de manière circonstancielle aux accusations portées originairement à l’encontre du gratuit comme de désavouer ses services ou agents. Alors même que la direction d’Illico avançait son opposition assumée à la politique comme à la candidature de Nicolas Sarkozy comme causes de ses déboires administratifs, la mobilisation des associations LGBT, médias communautaires et personnalités incitaient la Place Beauvau à régler ce différend au plus vite et au mieux dans le contexte électoral que l’on connaît. A l’opposé, Illico entendait avoir une réponse précise et détaillée du ministère, point que ce dernier lui refusait, d’où la réponse tardive de la publication qui a attendu le lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy pour répliquer à l’Intérieur, réponse qui a conduit à la supplique informant la publication que la menace était levée, mais sans autres détails concernant la procédure qui avait été engagée.

«Ce dénouement -s’il nous soulage- laisse intacte notre indignation et notre colère. En effet, la formule employée évite de nous donner la moindre clé sur ce qui s’est produit dans les méandres du ministère de l’Intérieur. A travers elle, il faut comprendre que nous ne saurons jamais ce qui nous était précisément reproché et qui pourtant constitué le point de départ de la procédure brutale engagée à notre encontre.» écrit Jacky Fougeray, directeur de la publication d’Illico, sur le site Internet de la publication.

«Cette affaire se termine comme elle a commencé; dans la plus totale absence de clarté et de transparence. Le ministre décide, seul, de mettre fin à la menace et ne donne aucune explication sur les raisons de ce revirement de ses services» continue-t-il en objectant qu’il n’existait aucun fondement réel et sérieux à l’usage de l’article 14 de la loi de 49 qui a été invoqué.

Pour Illico, «L’opacité, la confusion qui caractérisent cette affaire ne peuvent que renforcer notre suspicion. Que nous voulait-on au juste en déclenchant ce processus? S’agit-il d’une énorme bourde d’un fonctionnaire, d’un zèle excessif ou inapproprié des services ou d’une tentative d’intimidation? Nous ne le saurons jamais avec certitude puisque le ministère ne répond pas à nos demandes de précisions et choisit la voie de la facilité en bouclant la procédure de manière discrétionnaire».

Si l’issue de cette affaire est favorable à la publication, cette dernière devra relever un autre défi. Celui de sa pérennité économique avec la menace qui plane dans son ensemble sur les publications écrites communautaires en proie à la baisse des recettes publicitaires sur ce type de publication et à la concurrence d’autres types de médias, notamment ceux diffusés sur le web.

EN SAVOIR PLUS

Nos articles liés au sujet :
Illico : la réponse du magazine à la lettre du ministère de l’Intérieur
Nouvelles réactions à la menace d’interdiction du magazine Illico
Clarifications de GayLib concernant la menace pesant sur le magazine Illico
Illico, menacé d’interdiction par le ministère de l’Intérieur : nouvelles réactions
Illico, menacé d’interdiction par le ministère de l’Intérieur : premières réactions
Incompréhension pour le magazine gay Illico, menacé d’interdiction par le ministère de l’Intérieur





Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Avec Nicolas Sarkozy, quelle politique franaise de lutte contre le sida dans le monde ?

DUQUONS LES HTROS :