Via le secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, Mgr Angelo Amato, un changement de position de la part du Vatican sur l’utilisation du préservatif «n’est pas à l’ordre du jour», avait déjà indiqué le Vatican en janvier 2007. Le pape, Benoît XVI, a réitéré vendredi la condamnation par l’Eglise catholique de la contraception.
C’est à l’occasion du 40e anniversaire de l’encyclique controversée « Humanae Vitae » de Paul VI, que Benoît XVI a de nouveau fermé les portes de toute ouverture de l’Eglise catholique sur le sujet : «au moyen d’une action visant à empêcher la procréation signifie nier la vérité intime de l’amour conjugal» a déclaré le pape.
Seule l’incertaine et aléatoire méthode Ogino est reconnue, dans des cas exceptionnels, par le Vatican pour qui «la solution technique, même sur les grandes questions humaines, semble souvent la plus facile», mais «la technique ne peut pas remplacer la maturation de la liberté, quand c’est l’amour qui est en jeu». L’encyclique « Humanae Vitae » avait provoqué des remous entre partisans d’une ligne dure de l’Eglise sur les questions de moeurs et de sexualité et les progressistes et fidèles qui, dans leur vie de tous les jours, avait reconnu à la contraception le caractère d’avancée sociale majeure.
Concernant le préservatif, c’est donc le point mort, même si Benoît XVI avait commandé une étude sur le problème spécifique de l’utilisation du préservatif par les personnes contaminées par le sida et par celles atteintes d’une maladie infectieuse. Sur le sujet, la fidélité et l’abstinence constitue la doctrine de l’Eglise, le travail entamé par la curie sur la position du Vatican concernant le préservatif était attendu tant pas les principaux concernés, les catholiques pratiquants, que par les ecclésiastiques, plusieurs appelant à un infléchissement de la doctrine sur ce thème. En réponse, le successeur du cardinal Ratzinger, devenu Benoît XVI, avait sèchement répondu : «Les opinions sur ces thèmes venant d’autres institutions ou personnalités ecclésiastiques, pour respectables qu’elles soient, ne peuvent avoir l’autorité que les médias semblent vouloir leur donner».
L’usage du préservatif comme mode de prévention est toujours formellement rejeté par l’Eglise. Le cardinal colombien Alfonso Lopez Trujillo, aujourd’hui décédé et qui présidait le Conseil pontifical pour la famille, avait dans un texte de 2003 publié la position officielle de l’Eglise de Rome. Le texte qui se voulait une réflexion est édifiant en déniant au préservatif la qualité même d’outil de prévention : «J’ai aussi proposé que les Ministères de la Santé doivent exiger des étiquettes pour les préservatifs, comme ils le font dans le cas des cigarettes, en informant que la protection apportée par les préservatifs n’est pas totale, et que les risques sont en effet significatifs» ou dans le même texte «Dans une perspective médicale, le préservatif ne semble pas être la vraie réponse même dans le cas des couples sérodiscordants» etc etc
Le Vatican semble ainsi donner encore une fin de non recevoir aux partisans du préservatif en dépit des réalités de la pandémie.
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Le site du Vatican : www.vatican.va
Le texte du Cardinal Trujillo sur la sexualité dite sans risques (cf Préservatifs) : Ici
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