A ceux qui doutent que le clivage politique droite-gauche demeure, il suffit de confronter les réactions des militants LGBT à la désignation de Nicolas Sarkozy comme candidat de l’UMP à l’élection présidentielle pour s’en assurer.
Si les militants homosexuels de droite de GayLib se réjouissent de cette désignation et assurent qu’ils occuperont une place important dans la campagne à venir, ceux socialistes d’HES la dénoncent.
Ainsi, pour GayLib, «Notre soutien déterminé à Nicolas SARKOZY s’est forgé à partir d’engagements et surtout de réalisations concrètes de sa part en direction des gays» rappelant leur existence même pour la justifier comme plusieurs mesures gouvernementales protées au crédit du ministre de l’intérieur : l’aggravation les sanctions pénales encourues par les auteurs d’agressions homophobes ; la suppression, à sa demande lorsqu’il était à Bercy, du «scandaleux et humiliant délai de 3 ans pour pouvoir procéder à une déclaration commune de revenus pour les partenaires d’un Pacs», son soutien à la loi sur la pénalisation des injures et diffamations homophobes en décembre 2004 et la reprise, dans le programme législatif de l’UMP pour 2007, de la proposition d’Union posant le principe de l’égalité des couples et de l’équivalence en droits et devoirs (hors filiation) avec le mariage civil.
Ne faisant pas le constat que l’UMP est l’un des parti les moins disant à l’attention des LGBT dans les propositions égalitaires pour les prochaines échéances électorales, GayLib dénonce, pour justifier cette faiblesse patente, que «d’autres candidats se targuent de promesses même s’ils n’ont jamais rien directement fait pour nos concitoyens homos, il s’agit là de premières avancées concrètes pour lesquelles Nicolas SARKOZY ne nous a pas fait défaut».
A l’opposé de l’échiquier politique, les militants LGBT du Parti Socialiste voient quant à eux «Le visage homophobe de la France que propose Nicolas SARKOZY» déclarant également par un communiqué que le Président de l’UMP qui «ose prétendre être «un homme qui change» est en fait le candidat d’une Droite qui n’a pas changé».
A l’appui de cette charge, HES revient sur les propos homophobes réitérés récemment par Christian Vanneste et dénonce ceux récents du député UMP Jean-Marc Nesme, le coordinateur de l’Entente parlementaire UMP-UDF qui s’oppose au mariage gay et au droit à l’adoption, qui vient de réagir aux écrits de Ségolène Royal en proclamant que le combat pour l’égalité des droits est contraire «aux valeurs de la République» et que «le respect de la liberté des adultes, notamment à travers leur choix de vie, se nourrit du respect intégral du droit des enfants d’avoir un père et une mère». Jean-Marc Nesme accuse également la candidate socialiste de «jouer aux apprentis sorciers».
«Pour les personnes LGBT, la France que propose Nicolas SARKOZY a le visage de Jean-Marc NESME, Christian VANNESTE et Christine BOUTIN (NDR : nommée conseillère politique de Nicolas Sarkozy en échange de son retrait à la course présidentiel)» estiment en conclusion les militants du parti de la rose.
EN SAVOIR PLUS
Le communiqué de GayLib : Ici.
Le communiqué d’HES : Ici.
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