Rencontres GAYActualités LGBTCulture GayInterviewsPeopleSorties GayPrévention SantéShopping

Julie Pietri : 'Depuis le début, la communauté gay m'est fidèle


Julie nous revient avec la réédition de son Live 87 à l'Olympia en DVD. Une carrière riche de 10 millions de disques vendus, qui continue avec une série de concerts ...



Il faut dire que ce matin la journée n'avait pas bien commencé. J'ouvre la porte du frigo, un oeuf vient s'écraser sur mon pied. A dix minutes de l'appartement, je veux écouter mon juke-box mp3, et je m'aperçois que j'ai laissé mon casque à côté du lit. Je m'assois dans le bus -sur un chewing-gum usager- et ce n'est qu'au bout de quinze minutes qu'il démarre enfin... Rogntudju, mais j'étais bien moi, avec mon minou dans les bras, et rêvant à Jude Law !
Je prends mon mal en patience, ça va bien finir par s'arrêter. Ca vaut mieux d'ailleurs, sachant qu'aujourd'hui j'ai rendez-vous avec une femme superbe, pratiquement l'incarnation de LA FEMME. Et non je ne suis pas devenu hétéro . Mais ça n'empêche pas d'être sensible à un charme certain, quasiment une référence. Oui je sais, peut-être suis-je tout simplement influençable. Il faut dire qu'en chantant « Eve Lève Toi », la rousse Julie Pietri devenait peut-être dans l'inconscient collectif de bon nombre d'entre nous, le symbole de la femme absolue, sacrée et intouchable !
Cette interview arrive donc comme un rayon de soleil, comme pour me faire oublier le mauvais départ qu'avait pris la journée.
En toute simplicité elle parle de son regard qu'elle porte sur ces années-là, lance quelques coups de gueule bien sentis, et annonce une série de concerts surprenants à venir. Confidences pleines de sincérité, et de déconne, à l'image de l'artiste .


Tof : Bonjour Julie, nous nous retrouvons aujourd'hui à l'occasion de la sortie du dvd de ton concert à l'Olympia tourné en Décembre 1987. Comment vois-tu cette période aujourd'hui ?
Julie Pietri : Ecoute je suis enchantée ! Sortir un live de cette année c'est un peu comme se replonger dans les années folles... Quand même, la fin des années 80 pour moi, c'était l'équivalent des années 25. Un moment de grande Fiesta !

Tof : Une petite nostalgie ?
Julie Pietri : Non non je ne suis pas du tout quelqu'un de nostalgique, et puis tu sais je me rends surtout compte que ce n'était pas si moche que ça [RIRES].
En fait je dois t'avouer que j'ai été la première à m'inquiéter lorsqu'on a commencé à envisager de ressortir ce concert. J'ai pensé : « ouha mais ça va être top kitsch ». C'est vrai, avec les fringues et les coupes de cheveux du moment, ce dvd ne risquait pas d'être triste ! [Elle éclate de Rire]
Mais évidemment, à l'époque, on était tous kitsch, mais il faut se remettre dans le contexte aussi .

Tof : Un souvenir particulier par rapport à ce concert en particulier ?
Julie Pietri : Et bien vraiment, je suis assez fière de ce que j'ai fait. J'ai le souvenir que c'était rempli à bloc, et d'une communion extraordinaire avec le public. Un public très éclectique, dont je suis très fière également. C'est vrai j'ai toujours trouvé génial qu'il y ait vraiment tout style de communautés, toutes générations à mes spectacles. C'est quelque chose que je continue à préserver avec amour.
Les meilleurs souvenirs que j'ai évidemment c'est l'éclate avec « Eve », mais ma reprise de « Non je ne regrette rien » de Piaf, était un grand moment aussi et je crois que je ne l'ai vraiment pas mal interprétée [Sourire]
Et puis j'ai été la première à oser reprendre « la vie ne m'apprend rien » de Daniel Balavoine, seulement un an après sa disparition et avant que ce soit à la mode. A la fin de la chanson il y avait un visuel très émouvant : une trentaine de colombes blanches représentant la paix, étaient lâchée à travers la salle. C'était comme si l'esprit de Daniel qui flottait au dessus de nous. C'était ma façon de lui rendre hommage.

Tof : Est-ce que ça n'a pas été dure de revenir après ton break, dû à ta maternité ?
Julie Pietri : Non pas du tout, parce que c'est beau de revenir après une telle chance !
J'avais eu des difficultés physiques à avoir un enfant, que je n'ai pas voulu partager avec la presse. On a dû m'opérer, et quand j'ai eu ma petite puce j'ai voulu la garder pour moi toute seule, et puis je me suis éloignée.
Attention, je n'ai pas arrêté la scène, mais par contre j'ai préféré prendre des distances avec la médiatisation, les disques et tout ...
Et là j'ai vu que « Ouah, dans ce métier on t'attend pas ma fille ! ».
Et finalement en 2002 il y a eu un sondage organisé par une fameuse radio dans lequel on demandait au public qui des années 80 il voulait voir revenir sur le devant de la scène. Il y avait une centaine de candidats et je suis arrivée première !
On est venu me voir en annonçant : « mais dites-donc, vous ne seriez pas un peu l'égérie des années 80 ? ».
Et moi j'ai vraiment halluciné, demandant « Vous êtes sûrs ? Parce qu'il y en a d'autres tout de même ! ».
Je me suis mise à enchaîner toutes les émissions revival chez Daniela Lombruso, Flavie Flament et tout, en chantant « Magdalena », « Eve », « Amoureux Fous », j'allais partout.
Ensuite on m'a proposé de faire ce jeu « Retour Gagnant », auquel je n'étais pas trop sûre de participer au début. Il faut dire que les jeux ce n'est pas trop mon truc . J'ai changé d'avis lorsqu'on m'a expliqué que finalement il s'agissait simplement de chanter.
La suite on la connaît, mais encore une fois j'étais totalement surprise. Je ne pensais pas que mon interprétation de « Vivre pour le meilleur » allait plaire à ce point !
Boum ! 6 millions d'appels, pour dire: « Ben c'est Elle ! »
Non vraiment c'était une vraie re-reconnaissance ce soir là.






Tof : Cette émission finalement c'était vraiment un bonne chose, ou plutôt une mauvaise, vue l'image un peu ringarde qu'elle véhiculait ?
Julie Pietri : Ben non justement si j'en suis sortie, c'est que les gens on pensé que je n'étais pas si ringarde que ça ... En gros j'ai entendue dire que je n'étais pas vieille grosse laide et que j'avais pas perdu ma voix [Rires]. Aujourd'hui j'estime qu'une femme qui a entre 45 et 50 ans c'est pas encore une grand-mère. Ma fille n'a que 13 ans tu sais ! Les gens ont dit « ben elle a toujours les yeux bleus : ben oui, je confirme ! [RIRES].
Finalement j'enfonce le clou en faisant paraître ce dvd, parce que déjà en 87 je savais un tout petit peu chanter et puis je savais faire un Olympia toute seule, c'est beau ! Je rappelle que je peux assurer pendant une heure et demi à deux heures sur scène ! Et j'ai de la matière, parce qu'avec le dernier album « Lumières » sorti il y a un an j'ai fait quelques inédits, et produit quelques morceaux etc ... Avec 6, 7 albums il y a de quoi faire de bons concerts. J'ai gagné le fait que les gens viennent de plus en plus nombreux à mes spectacles, que j'en fais de plus en plus, et je suis ravi de faire des tournées avec mes musiciens qui sont ni plus ni moins que ceux d'Anguun et Faudel, donc finalement je ne suis pas si vieille que ça ! [Rires]

Tof : Cet intérêt pour les années 80 ne vient-il pas d'un besoin réel du public, de rêver et de se replonger dans une époque peut-être un peu plus futile, alors qu'aujourd'hui l'actualité est plus morose ?
Julie Pietri : Je ne crois pas qu'on était si futile que ça. Je me souviens d'Annie Lennox par exemple. Eurythmics, c'était quelque chose tout de même non ? Je me demande si aujourd'hui on ne chante pas trop de « Je t'aaaaime, tu m'aaaaimes !!!! », alors que moi je disais « Pour un serpent de Bible a brisé son empire », c'était un peu plus travaillé non ? En fait c'était les costumes qui étaient un peu futiles !

Tof : On s'arrête un peu trop à ça justement ? Les années 80, ce n'est pas que les costumes et les coupes de cheveux, c'est aussi la musique .
Julie Pietri : Oui, et je pense qu'on a fait des choses qui ont vachement fait avancer le schmilblick mine de rien. Aujourd'hui j'ai l'impression que tout est pareil, sur le même moule, moi je m'emmerde ! Tu vois moi je n'ai pas fait 22 slows d'affilée. J'ai fait un jour une reprise des Pretenders, où j'ai signé mon premier texte « Et c'est comme si », avant j'avais fait « Maria Magdalena » un peu latin. Après il y a eu le slow c'est vrai très sirupeux « Amoureux Fous » avec Herbert Léonard. Après il y a eu « Eve Lève toi » où on cassait la baraque et on dansait. Il n'y avait pas un truc qui ressemblait à un autre dans ce que je faisais. Et c'était ça les années 80 ! Et en plus on innovait musicalement. Aujourd'hui on pique tous les samples. Regarde Madonna avec Abba : Morte de rire ! Mais elle a bien raison, voila elle a tout compris ! Et c'est ça que je devrais faire, sauf qu'on est en France, et en France on chipote beaucoup ! On se pose tout de suite la question de ce qu'on en fera au niveau du marketing. Faut vraiment être moins frileux les gars !

Tof : Parle-moi encore de ce dvd .
Julie Pietri : C'est un très bel objet, techniquement au top. Il faut dire que la prise de son de l'époque était déjà très bonne. Aujourd'hui il est encore meilleur grâce à la technologie du home cinéma. Beaucoup d'interactivité, des clips, des interviews. Non vraiment j'en suis très contente !
Et puis, je dis beaucoup de choses dans son bonus . Beaucoup de gens m'ont dit qu'ils y avaient découvert qui je suis réellement.

Tof : Un mot sur l'évolution de l'activité musicale dans notre doux pays? J'ai l'impression que le public français a la mémoire courte et qu'en tant qu'artiste, il faille sans cesse se rappeler à lui pour exister ...
Julie Pietri : Oui peut-être que le public français a la mémoire courte, mais je crois aussi qu'on l'y aide beaucoup, à force de lui présenter des chanteurs un peu trop formatés, que j'aime beaucoup par ailleurs ! [Rires]
Ca passe aussi vite que des kleenex tout ça !
Aujourd'hui on ne laisse pas aux jeunes le temps de mûrir leur envie de faire de la musique de plus en plus adulte. Il faut du temps pour construire une carrière. On ne construit pas le nouveau Goldman sans prendre le temps nécessaire, pas vrai ?





Tof : Les français sont peut-être moins attachés à la musique aussi. C'est différent en Italie ou en Angleterre par exemple ...
Julie Pietri : C'est vrai oui. Moi je vais souvent à Milan. Les italiens ont du plaisir à retrouver des artistes qui ont eu une traversée du désert, ou qui se sont éloignés intentionnellement des médias. Il n'y a pas d'hostilité par rapport à ça. Mais en même temps je n'ai pas à me plaindre, car les événements ont prouvé que j'étais encore beaucoup demandée.
Tu prends par exemple la communauté gay m'est vachement fidèle de façon massive, depuis le début. Cette fidélité là, moi je ne peux pas l'oublier.
Tu sais je retrouve aujourd'hui des mecs qui étaient présents à cet Olympia de 87... J'ai fait une fête de sortie du dvd il y a 10 jours au Banana. Je peux te dire qu'il y avait tous les âges. Encore une fois je n'ai pas eu l'impression que le public m'ait lâchée. C'est moi qui ai décidé de me barrer, c'était mon choix de vie. Et aujourd'hui j'ai une fille superbe qui s'appelle Manon et qui écoute Slipknot et va voir Marylin Manson en concert à Bercy. Ne lui parle pas d'AC DC, elle les trouve un peu mou ... ! Voilà il y a des nanas qui choisissent de sacrifier leur carrière et de ne pas faire de gosses, moi ce n'était pas mon cas. Aujourd'hui les gens me reviennent et je leur dis un grand merci ! Et puis qu'on me dise que je suis l'égérie des années 80 c'est peut-être réducteur mais je m'en fous, je me dis autant être l'égérie de quelque chose. Tu sais je suis taureau, et donc très positive ! [Sourires]

Tof : Si je rapproche ton parcours de celui de Jeanne Mas, ça te dérange ? En fait je pense que vous devez avoir pas mal d'idées en commun . Le féminisme par exemple !
Julie Pietri : C'est une très bonne copine tu sais .
Il n'y a pas plus féministe qu' « Eve Lève toi » !
Et d'ailleurs à l'époque, j'ai été choquée de l'attitude de certaines radios périphériques qui ne voulaient pas le diffuser parce qu'ils se sont aperçus que non seulement c'était un truc juivo-arabo-orientalo je sais pas quoi, mais qu'en plus j'y parlais d'une catégorie, entre l'occurrence les femmes mais ça pouvait aussi être d'autres, comme les gays et les lesbiennes, qui pouvaient se sentir rejetés, notamment par la religion.
C'est ce que je dis dans le texte : « Ô femme unique, pour un serpent de Bible, a brisé son empire ». A savoir que c'est quand même nous soi-disant qui avons offert la pomme, dans la symbolique, et c'est à cause de ça que tous les mecs ont été virés du paradis. C'est un peu fort ! Il faut arrêter avec les « Tu enfanteras dans la douleur ! ». La religion nous jette aussi nous . Et c'est peut-être pour ça que certaines communautés se sont reconnues dans ce message. « Eve Lève toi et danse avec moi », bien sûr que c'est une invitation à la danse, mais c'est aussi une invitation à la lutte . Ca veut dire, relève-toi ma fille il faut y aller . !

Tof : Est-ce que tu partages les préoccupations de la communauté Gay ?
Julie Pietri :Tu sais je n'ai pas de leçons à donner à qui que ce soit, c'est selon la conscience de chacun. Le mariage par exemple, c'est de l'amour. Si on a de l'amour à partager c'est tant mieux, après si on a envie de faire une fête, quelque chose de beau pour marquer le coup, je ne sais pas si c'est vraiment nécessaire. Je n'ai pas trop d'avis là-dessus en fait.
Par contre en ce qui concerne l'adoption, si ça peut permettre à des enfants de trouver une famille, éviter qu'ils soient malheureux dans des orphelinats, alors oui il vaut mieux adopter. Comment ne pas être d'accord lorsqu'il s'agit de donner de l'amour ? S'ils trouvent de l'amour avec des couples homos, plutôt qu'à la DASS, tabassés par une famille d'accueil, mais enfin où est le problème ? Arrêtons le gâchis ! A partir du moment où ce sont des couples stables, il y a des tas de mecs qui se débrouillent très bien tu sais .
Et halte aux clichés comme quoi il faut un papa, une maman. Et oui alors si ils se font tabasser par une maman c'est bien ? Non il n'y a pas de loi là-dessus, l'amour est sans frontières !

Tof : Dans son dernier album, Lio dit qu'il faut arrêter d'attendre le Prince Charmant. Qu'il faut arrêter d'attendre les choses et plutôt les vivre. Est-ce que tu es d'accord avec ça ?
Julie Pietri : Elle a tout à fait raison. Le Prince Charmant n'existe pas. Si tu veux un seul Prince Charmant il faut avoir plusieurs hommes [Rires]. C'est un peu ridicule. Et est-ce que nous nous sommes des princesses charmantes ?
Bon si Lio a eu besoin de le dire, je suppose que c'est parce que c'était son sentiment par rapport à son vécu. Moi il y a longtemps que j'ai compris que le prince charmant n'existait pas vu que je n'étais pas moi-même une princesse charmante ! Et puis j'ai trouvé beaucoup de bonheur au travers de plusieurs hommes.

Tof : Et que penses-tu de la fidélité ? En ce moment on dit beaucoup que c'est une valeur dépassée .
Julie Pietri : Tant qu'on est amoureux et qu'on tient terriblement à quelqu'un, pourquoi se faire du mal ? C'est encore une question de conscience. On se regarde tous les jours devant son miroir et on se dit qu'est-ce que je fais ? Ce sont des choses qu'on sent dans son coeur.
Moi je suis plutôt partisane de quitter son compagnon quand on sent que ça bat un peu de l'aile. Après il peut y avoir quelques coups de canif dans un contrat .
Est-ce que franchement tu penses rester pendant 30 ans avec un homme que tu adores ? Non, il y a des coups de coeur, des coups de passion, et des coups de canif dans le contrat ! Mais tout de même il faut agir avec une certaine classe et ne pas se comporter comme un dégueulasse. Il vaut mieux parfois savoir tenir un secret . C'est pas la peine de faire du mal pour faire du mal. Je suis contre poignarder les gens dans le coeur.
C'est vrai aussi que les repères ne sont plus les mêmes qu'avant. A mon avis on peut avoir un coup de passion à condition de ne pas faire de mal, de garder ça un peu en secret . Si on n'aime plus, on quitte ! On n'est pas dans un contrat où la fidélité est un dogme de l'Eglise . Moi je ne vis pas selon les dogmes de l'Eglise. C'est ce que je disais déjà dans « Eve » .






Tof : La robe que tu portes sur la jaquette, va être mise aux enchères .
Julie Pietri : Oui elle sera mise début mars aux enchères sur ebay. On s'est mis d'accord avec la présidente de « sos villages d'enfants ». Je suis très partie prenante avec un certain nombre d'associations qui justement fait attention aux enfants.
Là il s'agit de vendre cette robe collector complètement 80's -c'est drôle- qui était sur l'affiche de l'Olympia de l'époque, et les bénéfices seront reversés intégralement à « Sos villages d'enfants ».
C'est un organisme qui s'occupe de construire des maisons, qui vont former des villages, et dans lesquels les enfants sont placés, sans être séparés de leurs frères ou sours comme ça peut être le cas à la DASS. Dans chaque maison il y a une maman « SOS Villages », recrutée par des psychologues, et qui est chargée d'élever ces familles. Bon la vente de la robe est un peu une goutte d'eau mais c'est toujours ça de fait .
Je fais très attention aux enfants, c'était mon métier de base puisque je suis une ancienne orthophoniste et forcément j'ai toujours été très interpellée par cette cause [Rires].

Tof : En France on colle facilement des étiquettes et c'est toujours assez difficile de sortir d'une image. Qu'en penses-tu ?
Julie Pietri : Oui c'est vrai. Ecoute moi je vis intensément ce que j'ai à vivre et il se trouve que vivre c'est prendre des risques . Etre blessée fait partie de ça. Moi j'accepte les blessures, j'accepte qu'il puisse y avoir des réussites extraordinaires, c'est ça vivre !

Tof : En fait tu as une philosophie de vie assez proche du bouddhisme .
Julie Pietri : Je suis simplement plus sereine, j'ai acquis une certaine sérénité. Le bouddhisme impliquerait que je croie à la réincarnation et tout ça, ce qui n'est pas le cas. Mais c'est vrai qu'il y a des choses qui me plaisent. Il y a un grand roman qui est la base de mes convictions d'aujourd'hui et donc tu n'as pas tort de parler de bouddhisme, tu t'y connais ! C'est le Siddhartha d'hermann hess. Siddhartha est donc la jeunesse de Bouddha et tout son cheminement. Ce qu'il traverse m'intéresse. Justement il dit que Vivre comporte des risques et qu'être blessé en fait partie. On peut descendre, on peut remonter, être les plus riches du monde, on peut se casser la gueule, on peut décider de devenir un acète, de ne plus rien avoir, on peut décider de partir pour faire un enfant, pour créer la vie, et je crois qu'il n'y a rien de plus important !

Tof : Quels sont tes projets pour 2006 ?
Julie Pietri : Eh bien donc venez me voir massivement le 2, 3 et 4 au Duc des Lombards, qui est quand même un lieu de jazz mythique . ! Je vais créer un nouveau tour de chant en réorchestrant mes morceaux, façon jazz et blues. Je suis très excitée par ces concerts qui s'annoncent très intimistes.
Et ce qui va être génial c'est que je me rends compte que je vais chanter des morceaux qui n'ont jamais encore connu la scène ! Certains datent du premier album quand même !
Ah oui mais je vais vous faire un spectacle qui va tuer la mort quoi. [RIRES]

Tof : Est-ce qu'on peut s'attendre à un nouvel album ?
Julie Pietri : Alors là, c'est vachement difficile en France de se faire ré-accepter.
Mais pas par le public attention, plutôt par les maisons de disques !
Il y a aujourd'hui des nouveaux directeurs artistiques de 24, 25 ans et qui font « Qui, Julie Pietri ? mais ça marche pas ça ! ». Ca c'est mon exemple mais il y en a d'autres. Maintenant prenez-moi une jeune beur qui chante un peu comme Chimène Badi, et là ce sera différent voila . faudrait qu'ils se réveillent un peu parce qu'il y a plein de gens qui peuvent vendre des disques, et qui ont peut-être juste un peu de métier, à qui on peut faire confiance, qui continuent à plaire et avoir un public !

Tof : Est-ce que tu pourrais envisager de diffuser un nouvel album sur Internet par exemple ?
Julie Pietri : Je pense pouvoir faire les deux. Il se trouve que le DVD démarre très fort et que ça donne des idées aux gens. On m'a parlé par exemple de sortir une anthologie de tout ce que j'ai fait dans ma carrière, avec quelques inédits. Et c'est là que j'ai rétorqué « mais pourquoi on ne sortirait pas un album complet ? ». C'est fou, ils ont l'air de découvrir que j'ai toujours un public .
C'est assez étonnant parce que c'est un peu la même histoire que pour Henri Salvador en fait .

Tof : Il y a un petit nouveau avec qui tu aimerais faire un duo ?
Julie Pietri : Moi j'adorerais mais je pense que eux ne voudraient pas. Quelque part ils doivent penser que je suis trop collée aux années 80. Sinon moi j'ai une grande passion pour un mec comme Corneille . D'ailleurs dans ses textes il dit bien que Dieu est une femme ! [RIRES] Tu sais je suis très éclectique. J'adore un mec comme Roch Voisine, qui n'est pas aussi jeune que ça d'ailleurs [SOURIRE], qui chante remarquablement bien aussi les femmes. Lui est plutôt années 90 !

Tof : Pas de femmes ?
Julie Pietri : Si j'adorerais chanter avec Lââm, que j'aime beaucoup. Il y en a plein ! Mais tu sais les producteurs peuvent être vachement bornés aussi . Une nana comme Hélène Ségara, ce serait très intéressant car on n'a pas du tout la même voix, le même timbre, et le résultat serait donc intéressant. Mais je suis persuadé que son producteur détesterait qu'on fasse un truc ensemble . Moi je trouve que c'est bête parce qu'on s'apporterait beaucoup. Tu sais je connais un peu la personnalité d'Orlando . Je l'entends déjà [elle prends l'accent italien] : « Ho la la c'est trop dangereux chérie !!! » [Rires]. Ce qu' il ne sait pas c'est que dans un duo avec une femme, on ferait les choses sans se bouffer et qu'on se mettrait en valeur l'une l'autre. Je pense d'ailleurs qu'Hélène est très intelligente pour ça .[Fou Rire]

Tof : Des conseils pour nos internautes ?
Julie Pietri : On va souhaiter à tous les copains qu'ils se portent le mieux possible, et surtout qu'ils ne déconnent pas les cocos, parce que il y a eu quand même un truc qui était moins drôle cette année à ce niveau là . Avec le retour du Sida, de l'hépatite C etc. On n'a pas fini et il faut continuer à se mobiliser. Donc mobilisons-nous mon ami, c'est ça aussi le message parce qu'on est quand même sur Citégay. On est responsable, pour soi et pour les autres ! Ca n'a pas été éradiqué au contraire. Arrêtons de déconner, il faut vivre, vivre bien et avec le sourire, d'accord ? Je vous fais des gros bisous...

Je me doutais que passer un moment en compagnie de cette jolie amazone serait du pur bonheur, mais je ne m'imaginais pas que ce serait à ce point. La belle est généreuse, toujours euphorique, et a adopté le bon regard sur les évènements qui ont jalonné sa vie artistique ou personnel. En la regardant, une chose est sûre : Pour bien s'épanouir, ne nous prenons jamais au sérieux !




Julie Pietri en concert :
du Jeudi 2 Mars au Samedi 4 Mars au Duc des Lombards Paris 75001, et le Dimanche 5 Mars au Parc des Expos d'Alençon (61)





Le DVD "Live à l'Olympia" est dans notre Boutique Musique

Visite le site de Julie Pietri














LES ANCIENNES INTERVIEWS DE CITEGAY



- Carmen Maura et Marisa Paredes pour le film Reinas
- RoBERT pour son album 6 pieds sous Terre
- Le groupe A-Ha pour leur album Analogue
- Andy Bell (Erasure) pour son album Electric BlueRush
- Jay Jay Johanson pour son album RushRush
- Body Without Organs pour leur album Prototype
- Alain Bouzigues (comédien) pour le film Espace Détente
- Q Boy (rapper Gay) pour son album Even The Women like Him
- Nâdiya pour son album 16/9
- Duran Duran pour leur grand retour à 5 et leur album Astronaut
- Jeanne Mas pour son Remix de Toute première fois et son Best-Of
- David Guetta pour son album Guetta Blaster
- Nicolas O (ex WhatFor) pour son single Chercher le Garçon
- Marianne James
- Juliette pour sa série de concerts.
- D'Geyrald pour ses projets divers depuis sa première interview CitéGay
- Gregori Baquet (comédien) pour le film Grandes Ecoles
- Mélissa Mars pour son premier album Et alors !
- Michel Heim de la troupe des Caramels Fous pour La revue qui va faire mâle
- Jeanne Mas pour son album Les Amants de Castille
- Thomas Sayofet (sorti du Loft) pour son livre Personne n'est parfait maman
- Anne-Laure (sortie de la Star Ac') pour son single Superwoman
- D'Geyrald (chanteur Gay) pour son single New Kind Of Love et son album C' mon seul espoir
- Jean-Luc Romero (politique)
- Les L5 pour leur album Retiens-moi
- Frédéric Delliaux (styliste cuir)
- Marc Cerrone (pape du disco) pour son album Hysteria
- Rikki Beadle-Blair (comédien, chanteur et créateur de la série Metrosexuality)
- Vincent Mc Doom
- Claire lombard (comédienne)
- Luminium (artiste-créateur)
- Guesch Patti pour son single Dans tes yeux et son album Dernières Nouvelles
- Tom Jones
- Mireille Mathieu pour son album De tes mains
- Benoît pour le single Benoît tourne-toi
- Elfy
- Sophie Ellis-Bextor pour son single Take Me Home
- Titiyo pour son album Come Along
- Kosheen
- Billy Crawford
- Erikatv
- Kelly Joyce
- Jean-Luc Romero pour son livre On m'a volé ma vérité
- Jimmy Somerville
- Les valentins


26/01/2006 Themes Culture Interview TOF

Partager :
People  
Frédé­ric Mitter­rand est formel !

Migos réagit aux accusations d'homophobie !

Une demande en mariage d'un couple gay en plein concert d'Adele

Keegan Hirst, le rugbyman gay, a failli se suicider.

Boy George - Il soutient Macron car il le croit gay


Publicité






© copyright 1997/2017   CiteGAY.fr | CiteGAY.com   ® tous droits réservés