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SOS Homophobie dénonce, Christian Vanneste menace

Pourquoi et comment les propos de M. Vanneste incitent à la haine ? Où s’arrête la liberté d’expression ? C’est à ces deux questions que SOS Homophobie souhaite répondre dans un communiqué.

L’association plaignante estime que «La cour s’est laissée abuser par M. Vanneste qui prétend stigmatiser non des personnes, mais des comportements. Comme si, en matière d’orientation sexuelle, les deux n’étaient pas intimement liés». «Le message de M. Vanneste condamnant les comportements homosexuels est reçu comme condamnant les homosexuels» souligne encore l’association qui reconnaît «L’habileté de C. Vanneste est d’inciter à la haine sans en avoir l’air : confortés dans leurs opinions homophobes, certaines personnes se sentiront ainsi encouragés dans des exactions qui leur paraîtront désormais légitimes contre des hommes et des femmes « inférieurs ».».

SOS Homophobie s’interroge encore : «Quel besoin peut avoir Monsieur Vanneste de diviser l’humanité entre des êtres intrinsèquement inférieurs et des êtres supérieurs ? À quelle fin ?». En effet, il serait intéressant de connaître la définition par M. Vanneste de l’expression «comportement homosexuel» comme celle d’«homosexuel», distinction absconde pour l’auteur des propos litigieux dans la Voix du Nord où il considérait l’homosexualité comme une «menace pour la survie de l’humanité». «Je n’ai pas dit qu’elle était dangereuse, j’ai dit qu’elle était inférieure à l’hétérosexualité. Si on la poussait à l’universel, ce serait dangereux pour l’humanité» justifiait-il ajoutant dans Nord Eclair : «Je critique les comportements, je dis qu’ils sont inférieurs moralement». Dans le magazine Nordik, en janvier 2007, le même avait considéré, aux sujets des homosexuels que «C’est en plus un comportement parfaitement réversible, cela a été démontré !» et n’avoir «aucune excuse à faire, ce n’est rien d’autre que du terrorisme intellectuel» face à une «justice idéologique et dans ce pays on tombe dans une étroitesse d’esprit incroyable !». Dans un documentaire diffusé sur Arte le mois suivant, il déclarait encore que «L’homosexualité est une menace. (…) Il faudrait proposer aux parents des traitements quand on dépiste des tendances homosexuelles chez leur enfant.». Dans la même lignée, sur le plateau de France 3 Lille, le mois précédent, il réagissait à la confirmation de condamnation par la cour d’appel de Douai, estimant que «les homosexuels n’existent pas», qu’il ne s’agit que de «comportements homosexuels», «parfaitement réversibles» et «en général de courte durée». Il avait avancé les thèses fantaisistes américaines selon lesquelles on «peut faire changer les 2/3 des patients (NDR : les homosexuels)», comme si l’homosexualité était une maladie que l’on peut soigner et réduisant les homosexuels à des patients malades.

Aussi, si l’on en croit Christian Vanneste sur son blog, le communiqué de SOS Homophobie, comme notre reprise par ailleurs, pourrait se retrouver attaqué en justice par le député du Nord. Ce dernier menace sur son site : «j’accepte parfaitement que l’on conteste mes idées, mais je ne laisserai pas sans suite judiciaire l’emploi du mot homophobe à mon encontre».

Pour le député UMP-CNI, «Les porte-parole habituels du lobby ne craignent pas de maudire aujourd’hui une justice qu’ils chérissaient hier» et «Il est difficile d’admettre pour nos adversaires que leur tentative de complot contre la démocratie a échoué». Revenant sur l’origine de la loi instituant la HALDE et sanctionnant les propos homophobes, Christian Vanneste accuse le «lobby» gay, «parvenu à faire voter une loi sous le coup d’une émotion artificiellement provoquée qui permettait désormais d’interdire le débat puisque toute contestation de l’homosexualité devenait injure homophobe».

Christian Vanneste avait, de manière surprenante et alors qu’il s’y était toujours refusé, présenté des regrets suite à cette décision. Il a ainsi réalisé pleinement la portée négative de cet arrêt qui lui est pourtant favorable. Juridiquement blanchi, le député du Nord a en effet compris que politiquement cette décision pouvait largement jouer en sa défaveur en obligeant les uns et les autres à se (re)positionner et que médiatiquement la redite de ses propos, comme d’autres tenus sur les sujets LGBT, tous aussi outranciers, était largement défavorable. Si ces regrets n’ont pas empêché la polémique de reprendre plus fortement encore, Christian Vanneste décidé d’adopter une nouvelle position, celle menaçante.

EN SAVOIR PLUS

Le site de SOS Homophobie : www.sos-homophobie.org.

Le site de Christian Vanneste : www.christianvanneste.fr.

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