Afin de promouvoir la déclaration à l’ONU appelant à la dépénalisation universelle de l’homosexualité initiée notamment par la France, Rama Yade s’était rendu à New York le 18 décembre dernier. La même secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme se félicite de l’annonce par les autorités américaines que les USA allaient rejoindre les 66 pays signataires de cet appel alors que l’administration Bush s’était opposée au texte.
Lors d’un point de presse, un porte-parole du département d’État, Robert Wood, a confirmé que Washington allait adhérer à cette déclaration, présentée conjointement par la France et les Pays-Bas. Selon le haut fonctionnaire, cette décision n’aura pas de conséquences juridiques aux États-Unis. «Le fait de soutenir cette déclaration ne nous lie à aucune obligation légale», a-t-il souligné. S’appuyant sur l’article 2 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui stipule que «chacun peut se prévaloir des droits de l’homme, sans distinction aucune», la déclaration demande aux 192 États membres des Nations unies «de prendre toutes les mesures nécessaires, notamment législatives et administratives, pour garantir que l’orientation sexuelle et l’identité de genre ne soient, en aucune circonstance, le fondement de sanctions pénales, en particulier d’exécutions, d’arrestations ou de détention».
Pour Rama Yade, ce soutien américain était «essentiel». «Je suis heureuse que les États-Unis aient pris la décision de signer la déclaration relative aux droits de l’homme et à l’orientation sexuelle et l’identité de genre» a déclaré celle qui bénéficie du soutien populaire des français après avoir été un moment lynchée par son ministre de tutelle, Bernard Kouchner, et après avoir essuyé les foudres présidentiels et des proches de Nicolas Sarkozy pour avoir refusé de batailler pour les européennes. «Pour la première fois dans l’histoire de l’Assemblée générale (de l’Onu), des États de tous les continents, se sont prononcés contre les violations des droits de l’homme fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Il était essentiel que les États-Unis se joignent à cette mobilisation internationale et s’associent à l’engagement collectif» estime la secrétaire d’Etat.
L’opposition la plus forte au texte visé vient, faut-il le rappeler, du Vatican. Une déclaration rivale avait été portée par la Syrie et avait récolté 60 signatures, dont une majorité provenant de pays arabo-musulmans et africains. Elle stipulait que la déclaration empiétait sur des juridictions nationales et pouvait mener «à la normalisation, et possiblement à la légitimité d’actes déplorables, incluant la pédophilie».
De grands pays comme la Chine, la Russie ou encore l’Australie n’ont pas adhéré au texte progressiste. L’homosexualité demeure pénalisée dans 77 pays, la peine capitale est expressément prévue dans 7 pays : Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Iran, Mauritanie, Nigeria, Soudan, Yémen.
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