«Afin de promouvoir cette déclaration, Rama Yade se rendra à New York le 18 décembre et co-présidera avec Maxime Verhagen, ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas, un événement en marge de l’Assemblée générale, auquel s’associeront de nombreux autres pays» a fait savoir le Quai d’Orsay, par son porte-parole adjoint, Frédéric Desagneaux.
La secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme aura fort à faire et risque de se voir opposer la communication hasardeuse de son ministre de tutelle, Bernard Kouchner, qui avait déclaré au sujet de son portefeuille qu’il avait eu «tort» de réclamer un secrétariat d’Etat dédié aux droits de l’Homme.
Initié par la France dans le cadre de la présidence du conseil européen, cet engagement de Rama Yade à porter un projet de déclaration à l’ONU pour une dépénalisation universelle de l’homosexualité a reçu le soutien d’une soixantaine de pays mais de grands Etats, comme les Etats-Unis ou l’Australie n’y adhèrent pas. L’opposition la plus forte vient toutefois du Vatican, pourtant simple observateur à l’ONU, qui refuse le texte, argumentant qu’il empêcherait à terme à s’opposer aux unions homosexuelles ou à l’homoparentalité. L’observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU, Mgr Celestino Migliore, avait indiqué dans un entretien réalisé par l’agence de presse I.Media que la demande française en cas d’adoption créerait de « nouvelles et terribles discriminations/». «Les États qui ne reconnaissent pas l’union entre deux personnes de même sexe comme un mariage, seront mis au pilori et feront l’objet de pressions» a assuré le prélat qui prend soin toutefois d’affirmer que «le catéchisme de l’Église catholique dit, et cela ne date pas d’aujourd’hui, qu’il faut éviter toute marque d’injustice envers les personnes homosexuelles».
Soutenue par de nombreuses organisations LGBT internationales et de défense des droits humains, la «déclaration sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre» reçoit l’appui notamment de l’Argentine, du Brésil, Gabon, Japon, Norvège, Croatie, Ukraine, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas etc.
A l’opposé, en septembre, devant la 61e Conférence annuelle des organisations non gouvernementales au siège de l’Unesco, la secrétaire d’État aux droits de l’homme Rama Yade expliquait qu’« il s’agissait de lutter contre l’homophobie dans le monde et faire reculer la pénalisation de l’homosexualité» alors que «90 pays sanctionnent encore l’homosexualité par des peines de prison, et six d’entre eux prévoient même la peine de mort».
Ce n’est pas la première fois que dans le cadre onusien une résolution soit portée sur le sujet. Le Conseil des droits de l’homme, comme l’organe précédent, la Commission des droits de l’Homme, avaient vu des déclarations sur la dépénalisation de l’homosexualité présentées.
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