La France avait annoncé, via Rama Yade en charge des droits de l’Homme, de présenter au nom de l’Union européenne un projet de «déclaration sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre» dans le cadre onusien visant à une dépénalisation universelle de l’homosexualité.
Si le projet est pour le moment soutenu par 47 états (Argentine, Brésil, Gabon, Japon, Norvège, Croatie, Ukraine, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas etc.), la fronde vient d’un simple observateur non adhérent de l’ONU, le Vatican.
L’observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU, Mgr Celestino Migliore, a indiqué dans un entretien réalisé par l’agence de presse I.Media que la demande française en cas d’adoption créerait de « nouvelles et terribles discriminations/». «Les États qui ne reconnaissent pas l’union entre deux personnes de même sexe comme un mariage, seront mis au pilori et feront l’objet de pressions» a assuré le prélat qui prend soin toutefois d’affirmer que «le catéchisme de l’Église catholique dit, et cela ne date pas d’aujourd’hui, qu’il faut éviter toute marque d’injustice envers les personnes homosexuelles».
A l’opposé, en septembre, devant la 61e Conférence annuelle des organisations non gouvernementales au siège de l’Unesco, la secrétaire d’État aux droits de l’homme Rama Yade expliquait qu’« il s’agissait de lutter contre l’homophobie dans le monde et faire reculer la pénalisation de l’homosexualité» alors que «90 pays sanctionnent encore l’homosexualité par des peines de prison, et six d’entre eux prévoient même la peine de mort». Dans le même sens, Eric Chevallier, porte-parole du ministère des Affaires étrangères rappelle que «L’idée, ce n’est pas de créer une nouvelle règle de droit, mais à partir des textes existant, de créer une dynamique en faveur de la dépénalisation» de l’homosexualité et non d’imposer des règles contraignantes en matière de lutte contre les discriminations. Ce point intervient en réponse aux déclarations du porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, voyant dans ce texte un atout pour les partisans du mariage homosexuel.
Cette déclaration, même adoptée n’aura de toute façon aucune valeur contraignante pour les Etats adhérents de l’ONU. Ce n’est pas la première fois que dans le cadre onusien une résolution soit portée sur le sujet. Le Conseil des droits de l’homme, comme l’organe précédent, la Commission des droits de l’Homme, avaient vu des déclarations sur la dépénalisation de l’homosexualité présentées.
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