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Nicolas Sarkozy se défend d’être homophobe et prône l’égalité en dehors du mariage et de l’adoption

Invité à inaugurer le nouveau rendez-vous politique de TF1 où les candidats répondent à un panel de 100 français, « J’ai une question à vous poser », Nicolas Sarkozy, le candidat et président de l’UMP, est revenu longuement sur sa position concernant les questions LGBT alors qu’il était interpellé vivement par deux participants homosexuels.

Après une introduction sur ses engagements tenant à la lutte contre les discriminations, notamment celles liées à l’orientation sexuelle, le ministre de l’Intérieur a estimé que si «il y a aujourd’hui des pratiques sexuelles minoritaires», «(il) n’aime pas l’injustice et ne (laissera) le monopole de la lutte contre les injustices à personne». Toutefois, Nicolas Sarkozy a justifié son opposition à l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe tout en refusant le qualificatif d’homophobe qu’on pourrait lui prêter : «je veux défendre les minorités parce qu’elles ont des droits, mais je ne veux pas à ce que cela conduise à accabler la majorité de s’excuser à ne pas être elle-même la minorité». «Je n’accepte pas qu’on me dise homophobe parce que je refuse l’adoption par les couples homosexuels», a-t-il ajouté.

«Pourquoi vous continuez obstinément à vous opposer au droit au mariage et au droit à l’adoption des couples de même sexe ?» a continué l’un des participant. Le ministre de l’Intérieur a rappelé avoir «proposé, pour la première fois pour un homme politique de droite, un contrat d’Union civile avec une cérémonie en mairie, ce qui est quand même autre chose que le PACS, qui est un papier que l’on signe dans un greffe sinistre du Tribunal d’instance» et permettra aux couples homosexuels de bénéficier des «mêmes droits fiscaux, sociaux et patrimoniaux» que les couples hétérosexuels mariés. Nicolas Sarkozy a ajouté que «C’est (son) droit de considérer que le mariage c’est l’institution familiale qui permet d’avoir des enfants» et a admis que le principal écueil à l’ouverture du mariage civil résidait dans les conséquences sur le droit à l’adoption soit de «(donner) à la société une image de la famille que je ne souhaite par que l’on donne» tout en admettant par la suite avoir «beaucoup hésité sur ces questions là».

«Sur l’amour homosexuel, cet amour s’inscrit dans la durée et cet amour doit avoir une existence sociale» alors même que le président de l’UMP concède que «l’homosexualité comme l’hétérosexualité est une part de l’identité et non une question de choix».

Un regret, que Nicolas Sarkozy n’ait pas été interpellé sur le cas de Christian Vanneste, le député UMP-CNI du Nord condamné pour injure homophobe et qui, tout en n’étant pas réinvesti officiellement par la formation politique présidée par Nicolas Sarkozy, a le champ libre dans les faits et n’est ni mis en congé du parti ni renvoyé pour l’heure devant les instances disciplinaires de l’UMP.

Sur ce sujet, et alors que GayLib nous assurait la semaine dernière de son optimisme d’une part concernant une candidature officielle de l’UMP face au député délinquant et, d’autre part, d’une désolidarisation de l’UMP locale, il n’en est rien. «Christian Vanneste fait partie du CNI et il a leur soutien, il n’aura pas, et Nicolas Sarkozy a été clair, le soutien officiel de l’UMP», a déclaré à l’AFP Thierry Lazaro, responsable départemental de l’UMP qui avait lui-même apporté son soutien à Christian Vanneste lors des voeux de ce dernier. Thierry Lazaro a reconnu qu’on «n’avait pas parlé (jusqu’à) aujourd’hui de candidature en face de Christian Vanneste» et que «Aujourd’hui, il n’y a aucune raison qu’il y ait un candidat UMP» dans la 10ème circonscription, seule circonscription laissée vacante par l’UMP dans le département SIC.

En résumé, pas de sanction autre que verbale, pas d’exclusion, pas de mise en congé ni de mise au ban du parti, aucune candidature officielle UMP face à lui, Christian Vanneste est bel et bien toujours un député de l’UMP et a le champ libre pour le demeurer.

Nicolas Sarkozy assurait les français hier qu’il n’aimait pas l’injustice. Conseillons lui de prendre acte des décisions de Justice condamnant l’un de ses députés et d’en tirer les conséquences politiques en excluant l’élu délinquant, comme il s’y était déjà engagé, et en présentant une candidature UMP républicaine face à Christian Vanneste. En somme, de tenir avant l’heure ses engagements de campagne et de faire la démonstration de ses convictions.

EN SAVOIR PLUS

Le passage de l’émission où Nicolas Sarkozy est interpellé sur les questions LGBT (Vers la 33ème mn) : Ici

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