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Vers une sanction «mieux proportionnée» contre le proviseur initialement révoqué

Le proviseur du lycée technique de Mende avait été révoqué par son ministère de tutelle aux motifs de considérations professionnelles et personnelles liées à l’évocation sur le blog du proviseur de son homosexualité, sous un pseudonyme selon les syndicats et l’intéressé, mais à travers écrits et photos pornographiques, selon l’institution.

Des considérations professionnelles évoquées sur le blog par le proviseur auraient également fait pencher la balance en sa défaveur. Le recteur de Montpellier, Christian Nique, suite à la médiatisation de cette affaire, avait également tenté de justifier cette sanction lourde. Le haut fonctionnaire déclarait la semaine dernière que le proviseur de Mende « n’a pas été condamné pour avoir entretenu un blog ou parce qu’il est homosexuel, mais pour avoir agi de manière incompatible avec sa responsabilité éducative » ajoutant que «L’Éducation nationale a des devoirs envers les familles, un devoir d’éducation et des valeurs qui fondent la République, un contrat social envers ces familles ».

Le principal intéressé avait récusé au micro de RTL l’interprétation de ses écrits par son ministère : « Je récuse ce terme d’obscénités pornographiques » ajoutant se sentir « abattu » et jugeant cette sanction « disproportionnée » pour un blog qui relevait de sa « vie privée ». Il avait ajouté à l’AFP qu’« il n’y avait rien de pornographique ni d’obscène dans mes écrits, pas de nudité frontale, pas de sexe en érection, pas de couple en action sur mon blog » estimant qu’il y a « une erreur manifeste d’appréciation, dans l’interprétation de tel ou tel document ou écrit ». Syndicats, tiers et internautes qui diffusaient une pétition en ligne de soutien estimaient également que cette sanction était disproportionnée au regard de la nature des écrits que de la nature privée du blog et des états de services du proviseur.

Après le recours gracieux contre cette décision, le ministre de l’Education National, Gilles de Robien, semble avoir accueilli en partie la demande du proviseur puisque vendredi dernier un communiqué de son administration indique que « Au vu de son dossier, le ministre arrêtera prochainement une décision mieux proportionnée à la faute commise par ce fonctionnaire ». Le même communiqué rappelle que le « proviseur de lycée a été révoqué le 30 décembre 2005 après avis de la commission administrative paritaire nationale réunie en formation disciplinaire, en raison d’un manquement à ses obligations déontologiques ».

Le proviseur joint par téléphone par le journal Le Monde s’est dit « soulagé » par cette annonce et « tient à remercier tous ceux qui l’ont aidé, ainsi que le ministre de l’éducation nationale pour avoir examiné son recours ». Le secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale (SNPDEN), Philippe Guittet, a pour sa part indiqué qu’il resterait « attentif à la sanction qui sera prise par le ministre ».

Quant à la sanction qui pourrait être infligée au final au proviseur, la panel est encore large allant du simple avertissement, blâme, à la mise à la retraite d’office, en passant par la rétrogradation, déplacement d’office ou exclusion temporaire.

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