Les sages madrilènes ont, pour le moment, repoussé le baroud d’honneur des opposants au mariage gay. Ils ont débouté de leurs demandes d’examen de constitutionnalité de la loi ouvrant le mariage civil aux homosexuelLEs deux juges régionaux qui avaient objectés, dans deux décisions séparées, l’inconstitutionnalité de la loi.
Les juges suprêmes ne se sont pas prononcés sur le fond toutefois mais sur la forme, en opposant aux magistrats réfractaires un vice de procédure. Cette même formation avait jugé recevable le recours de la droite espagnole le mois dernier sans toutefois s’être encore prononcé au fond.
Mariano Rajoy, le président du Parti Popular, avait estimé que «la loi dénature l’institution constitutionnelle du mariage», ajoutant que «permettre l’adoption par des couples homosexuels, c’est oeuvrer contre l’intérêt de l’enfant dont le milieu naturel de filiation est l’union hétérosexuelle». Le chef du PP est en désaccord avec ses camarades membres du collectif des homosexuels du Parti populaire ou avec l’influent maire conservateur de Madrid, Alberto Ruiz Gallardon, qui appelaient, au sein même de la droite espagnole, à battre en retrait sur le sujet et d’appliquer la loi démocratiquement adoptée et entrée en vigueur en juillet dernier.
Les deux magistrats seront tenus d’exécuter la loi et de ne pas faire obstacle à la célébration de mariages gay. L’un d’eux, le juge Francisco Garcia, officiant dans les Canaries, a déclaré à la presse espagnole que pour lui L’hétérosexualité est le principe fondamental et l’élément d’identification de l’établissement du mariage » pour motiver son refus. L’autre magistrat, d’Alicante, ne s’est pas exprimé.
Sur le recours du Parti Populaire, le tribunal constitutionnel entend se donner du temps et a annoncé avant de rendre sa décision vouloir procéder à des auditions de personnalités.
En attendant, les célébrations continuent, au désespoir de l’Eglise locale toujours active dans son opposition aux unions homosexuelles. Demain, à Madrid, Beatriz Gimeno, présidente de la Fédération espagnole des lesbiennes, gays et transsexuels (Felgt), épousera l’ex-présidente de la COGAM, le collectif des lesbiennes, gays et transsexuels de Madrid, Boti García Rodrigo. De nombreuses personnalités du monde politique, économique, de la culture, dont le conseiller du Parti socialiste Pedro Zerolo, assisteront à ce mariage d’amour militant.
L’Espagne avait été précédé par les Pays Bas et la Belgique concernant l’ouverture du mariage civil aux couples homosexuels. Le Canada lui avait emboîté le pas même si Stephen Harper, chef du Pari conservateur canadien, s’est engagé lors d’un débat télévisé, en vue des élections législatives, à remettre en cause le mariage des conjoints de même sexe en cas de victoire de son parti, sans toutefois vouloir remettre en cause les unions déjà célébrées.
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