Cour de Cassation : Hors mariage, refus d'adoption pour les couples homosexuels
La Cour de cassation vient de refuser au nom de l'intérêt de l'enfant, l'adoption par une femme homosexuelle de l'enfant biologique de sa compagne ()
Cour de
Cassation :
Hors mariage, refus d'adoption pour
les couples homosexuels.
La Cour de cassation vient de
refuser au nom de l'intérêt de l'enfant,
l'adoption par une femme homosexuelle de l'enfant biologique de sa
compagne. En effet, la mère naturelle renonce légalement à sa propre autorité
parentale si son enfant est adopté par sa compagne. La Cour considère
logiquement que ceci porte préjudice à l'enfant.
La Cour de cassation statuant en
dernier ressort sur deux affaires dont les décisions avaient été contradictoires
en appel, adopte ainsi une jurisprudence défavorable à l'adoption au sein des
couples homosexuels.
La délégation partielle d'autorité
parentale du parent biologique à son partenaire, admise dans un arrêt du 24
février 2006, n'est pas remise en question par cette
décision.
Selon la Cour de Cassation, pour
autoriser une autorité parentale partagée, il faudrait que les deux femmes
soient mariées. En soi, le seul fait que la Cour puisse l'envisager dans ses
attendus, est intéressant. La Cour, probablement involontairement, démontre que
les dispositifs légaux actuels accessibles aux couples et familles homosexuels
ne peuvent répondre à leur réalité quotidienne.
Seulement voilà, actuellement, le
mariage homosexuel est illégal, seul le Pacs étant ouvert aux couples
homosexuels.
Dans son éditorial de mars titré
triomphalement « On a gagné «, le magazine Têtu, avec un enthousiasme nous
semble t-il quelque peu naïf, nous assure « que le deuxième tour de
l'élection présidentielle verra s'opposer Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, et
quel que soit le vainqueur, les homosexuels pourront accéder soit à une union
style Pacs, soit au mariage. On peut donc dire qu'on a gagné ».
Au Centre LGBT Paris IDF, nous
considérons qu'il y a une différence significative entre l'ouverture au mariage
et à l'adoption pour les homosexuels et une simple amélioration des dispositions
actuelles du Pacs qui ne répondra toujours pas aux attentes des nombreuses
familles homoparentales.
En outre, comment croire que
l'homophobie, la lesbophobie et la transphobie disparaitront à coups de
déclarations électoralistes ? Comment expliquer que les nécessaires mesures de prévention et d'éducation ne
soient pas déjà
adoptées ?
A l'évidence, il est temps de
légiférer sur ces questions afin d'assurer une sécurité juridique aux couples et
aux familles homoparentales et alors, nous pourrons prétendre, non pas avoir
« gagné » mais avoir avancé sur le long chemin de l'égalité des
droits.
Pour le CGL Paris
Ile-de-France
La présidente,
Christine Le Doaré
Centre lesbien,
gai, bi & trans de Paris et Île-de-France 3, rue Keller B.P. 255 75524
Paris CEDEX 11
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