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Juste une mise au poil – Editorial par Thomas Primo

Calamit naturelle pour les uns, irrsistible appas pour les autres, la cote du poil connat des hauts et des bas. Persistant et caduc la fois, il tombe pour joncher les draps, envahir les salles de bains, boucher les canalisations et s’accroche dans la moquette. Avec l’ge, les poils prolifrent dans le nez et les oreilles, faisant d’horribles petites touffes qui blanchissent avec le temps. Le poil ravale l’homme au rang de la bte. Pourtant, les amateurs de poils sont lgion, hommes, femmes, homos et htros confondus. Il existe d’ailleurs une catgorie de prostitues trs recherches par les amateurs, ayant pour particularit un abondant systme pileux, une toison noire et drue qui remonte jusqu’au nombril et pend entre les cuisses comme une barbe de patriarche. On appelle a un « tablier de sapeur ». J’entends d’ici les cris de dgot. Car notre poque prfre l’imberbe, idlatre le glabre. Elle a de plus en plus horreur des poils. Laseriss, lectrocuts, coups, arrachs, brls. Pas un seul n’chappera la vigilance des pilophobes. Hlas, comme la mauvaise herbe, le poil repousse de plus belle quand on le tond. Les dtracteurs du follicule diront que le poil est sale, inesthtique, qu’il retient les odeurs sous les aisselles, les restes de mangeaille dans la barbe et que d’immondes bestioles peuvent y trouver refuge. Pour eux, le poil est le comble de la bestialit. Pourtant, il a connu son heure de gloire. Les crivains du sicle dernier s’extasiaient sur le vaporeux duvet ornant la lvre suprieure d’une jeune fille. Aujourd’hui, la mme donzelle consent tout juste conserver un court tapis triangulaire sur le pubis. Pour l’homme, il n’y avait pas de virilit sans poils. Arrogants moustachus, vnrables barbus. Un torse se devait avant tout d’tre tapiss d’une mle toison. Le port de la moustache marquait l’entre officielle dans l’ge adulte. O tempora, o mores ! Le poil n’est plus ce qu’il tait. peine un fantasme. On lague les jambes et les poitrines pour mieux contempler la saillie des muscles et l’on a dfrich entrecuisses et entrefesses pour admirer l’objet du dsir, enfin dbarrass de sa pudique brousaille. Et comme le dit si justement la chanson : « Tu les verras plus, les poils de mon cul, j’en ai fait des brosses ».

Thomas Primo

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