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Presse gaie : relooking de rigueur en contexte de crise

L’époque est au renouveau dans la presse identitaire, réponse obligée à la crise ambiante qui amplifie celle plus ancienne de la presse.

Après Têtu qui poursuit sa mue avec un site web joliment rénové et une révolution de son magazine pour le transformer davantage en magazine lifestyle qu’en media strictement communautaire, c’est PréfMAG qui se relooke pour son prochain numéro. Si le premier assume dorénavant de voir son principal cahier explorer totalement la niche consumériste de l’homme gay moderne à grand renfort d’éphèbes sur papier glacé, d’articles culturels précieux ou articles précieux culturels au choix et de sélections de Must Have urbains propres à étancher la soif d’une Amex platinum, le second revendique une ligne éditoriale «ouverte, impertinente, anti-politiquement correcte, laïque, non communautariste, et axée sur la défense de toutes les libertés», rien de moins.

«L’équipe a relevé le défi, face à une crise générale de la presse et à l’ascension inexorable du numérique, face aussi à un autre magazine gay commercial, appartenant à une personnalité en vue, installé en position de quasi-monopole et qui a la capacité financière de capter toute la visibilité» explique Préf’ dans son communiqué. Le magazine relève ainsi, révèle pour d’autres, la difficulté pour un magazine communautaire de subsister et de concurrencer loyalement un magazine comme Têtu, financé pour l’heure et depuis près de 15 ans à fonds perdus par Pierre Bergé.

Ce relooking est aussi une étape obligée pour PréfMAG qui après un premier exercice excédentaire subit un passif s’élevant à près de 150.000 euros pour le dernier bilan publié. Pas si mal que cela toutefois dans un contexte global et ancien de crise de la presse là où Têtu le susnommé enregistre pour le dernier exercice publié un déficit de près de 1.2 millions d’euros.

Concernant la presse identitaire, le plus ancien magazine gratuit, Illico, a disparu dans sa version papier il y a près de deux ans. D’autres titres appartiennent également à l’histoire et ceux restant voient leur diffusion restreinte et leur capacité de développement réduites à peau de chagrin pour les gratuits, ceux érotiques et pornographiques finissant à court terme dans les rayons de bouquinistes spécialisés.

Au final une question se pose, celle de la faisabilité et de la pérennité économique d’un magazine gay généraliste et de grande diffusion qui est posée. Ce pari n’est toujours pas pour l’heure démontré…

EN SAVOIR PLUS

Notre kiosque presse : presse.citegay.fr

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