Les jeunes UMP en Sciences Politiques de Bordeaux n’ont pas à rougir de leur position, ils font aussi bien que leurs aînés, parlementaires signataires d’un manifeste contre l’homoparentalité, adhérents d’un collectif de Maires contre le droit au mariage et à l’adoption ou des membres de la mission parlementaire sur la Famille, Valérie Pécresse, rapporteur et porte-parole du parti en tête.
Ainsi, sur le blog des étudiants de l’IEP et jeunes adhérents de l’UMP, un article donne la position des potaches conservateurs quant au droit à l’adoption par les couples homosexuels. Si sur le fond, chacun peut s’opposer à une telle possibilité, sur la forme un amalgame usité par la droite de la droite soulève l’indignation tant des lecteurs que du Collectif contre l’homophobie et pour l’égalité des droits qui envisage des poursuites.
Tout d’abord, l’article fait fi des études scientifiques et données sociales et dépeint une architecture familiale idéalisée, le mythe de « la famille Ricoré », expression que Annick Lepetit pour le PS a utilisé pour dénoncer le rapport de la mission parlementaire sur la famille : « La société, par le biais du législateur, doit donc tout mettre en oeuvre pour permettre à l’enfant non seulement de connaître ses deux parents mais aussi d’être élevé par son père et sa mère. Il est donc clair que les couples homosexuels ne peuvent prétendre à la parentalité au même titre que les couples hétérosexuels, puisqu’ils ne constituent pas un aussi bon cadre d’épanouissement pour l’enfant que le sont les couples hétérosexuels. Certes, dira-t-on, il existe des couples hétérosexuels instables, violents, et parfaitement incapables d’éduquer leur enfant, mais heureusement, les pouvoirs publics ont la capacité d’enlever les enfants de ces familles. ».
Ensuite, et c’est ce passage qui soulève l’indignation, l’argument selon lequel il ne revient pas au législateur de légaliser l’homoparentalité, fait social, au motif que dans ce cas le législateur pourrait légaliser d’autres faits sociaux, même criminels, et en l’espèce, la pédophilie SIC : « Il faut d’abord raisonner en terme de meilleur possible, affirmer la primauté de ce modèle, puis proposer un modèle et le promouvoir, et ensuite l’aménager aux situations qui ne peuvent s’y conformer. Le rôle de la loi n’est pas de légaliser le social, car dans ce cas pourquoi ne pas légaliser la pédophilie, ça a toujours existé après tout ! Pourquoi pas ? Parce que la loi doit aussi proposer le meilleur, ce qui signifie que, appuyée sur des valeurs humanistes, elle doit aussi promouvoir les meilleurs modèles sociétaux. Et en l’occurrence, le meilleur modèle c’est la famille dite classique : un père et une mère non divorcé, c’est le cas actuellement de 63% des familles ».
Accessoirement les jeunes blogueurs conservateurs souhaiteraient-ils que les situations familiales hors du modèle père-mère-enfant(s) soient pénalisées ou négativement discriminées ? Veulent-ils l’abandon de l’allocation mère isolée ? Un placement sous surveillance des services sociaux des familles qui ne répondent pas à ce triptyque ?
Hussein Bourgi, président du Collectif contre l’homophobie et pour l’égalité des droits, dénonce ces écrits : « Mettre sur le même pied d’égalité l’homosexualité et la pédophilie revient à faire un amalgame abject : en effet l’homosexualité est une orientation sexuelle dépénalisée en France depuis 1982 alors que la pédophilie est un crime passible d’emprisonnement. ». Le militant associatif ajoute que « Nous sommes en droit d’attendre plus de discernement et plus de nuance de la part de jeunes gens avertis comme le sont des étudiants en Sciences Politiques. De nombreux lecteurs ont fait part de leur malaise aux responsables de l’association qui n’en ont cure, persistent et signent. La gravité de ces écrits alliée à la désinvolture des responsables de cette organisation nous conduisent à étudier la possibilité d’un dépôt de plainte. ». Le Mouvement des jeunes socialistes de Gironde devrait également déposer plainte et a dénoncé comme l’UNEF Sciences Po Bordeaux cet amalgame.
Hussein Bourgi, comme Alain Piriou, porte-parole de l’Inter-LGBT le rappelait hier dans nos colonnes, demande « solennellement à Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, de clarifier sans plus tarder la position de son parti » et déplore à nouveau « la mansuétude de l’UMP à l’égard de Christian Vanneste, Député du Nord, récemment condamné pour ses propos homophobes ».
Jean-François Copé, ministre délégué au Budget et à la Réforme de l’Etat et Porte-parole du gouvernement, a dénoncé hier sur le plateau de France 2 lors de l’émission Mots Croisés l’absence de sanction pour l’heure du PS à l’encontre de Georges Frêche suite à ses propos injurieux sur les harkis et Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, a demandé publiquement sa démission. Jean-François Copé, Bernard Accoyer et les autres responsables et dirigeants de l’UMP ne peuvent dans ces conditions qu’exiger, sans plus attendre, la démission ou l’exclusion de Christian Vanneste de leur parti, le député UMP du Nord ayant été condamné pénalement pour injures homophobes par un tribunal correctionnel de la République et n’ayant présenté aucune excuse concernant ses propos.
De nombreux internautes ont déjà dénoncé cet article en réagissant directement sur le blog des jeunes étudiants UMP.
EN SAVOIR PLUS
L’article litigieux sur le blog de l’UMP Sciences Po Bordeaux : Ici
Le site du Collectif contre l’homophobie et pour l’égalité des droits : Ici
Nos articles principaux liés au sujet :
– Marche des Fiertés 2006 : «l’égalité sera, une nouvelle fois, au coeur de nos revendications»
– La mission parlementaire sur la Famille fait pschitt
– Christian Vanneste : député délinquant homophobe
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