SOS homophobie condamne le sort qui vient d’être fait au proviseur du Lycée de Mende (Lozère). Pour l’association « Ce dernier a été révoqué pour avoir parlé ouvertement de son homosexualité sur son blog. Cette révocation nous semble aller à l’encontre des principes qui régissent l’éducation nationale et dénote une homophobie intolérable. C’est pourquoi nous demandons avec force à M. le ministre de l’éducation Nationale, Gilles de Robien d’accéder au recours déposé par ce proviseur afin qu’il réintègre l’Education Nationale. ».
Le proviseur révoqué attend le résultat de son recours gracieux adressé au ministre de l’Education nationale, Gilles de Robien, qui, selon Hussein Bourgi, Président du Collectif contre l’Homophobie, devrait intervenir sous huitaine. Le même s’est étonné que le ministère communique sur le sujet a posteriori et dénonce la gravité de la sanction et les conséquences individuelles et professionnelles pour cet homme alors que pour Georges De Haro, secrétaire académique du Syndicat national des personnels de direction de l’Education nationale (SNPDEN), il n’y avait aucun élément à caractère pornographique sur les pages incriminées.
Le ministère aurait motivé la révocation sur des considérations professionnelles et personnelles liées à l’évocation sur le blog personnel du proviseur de son homosexualité, sous un pseudonyme selon les syndicats et l’intéressé, mais à travers écrits et photos pornographiques, selon l’institution. Des considérations professionnelles évoquées sur le blog par le proviseur auraient également fait pencher la balance en sa défaveur.
Le principal intéressé a décidé de se défendre et a dénoncé hier au micro de RTL l’interprétation de ses écrits par son ministère de tutelle : « Je récuse ce terme d’obscénités pornographiques » ajoutant se sentir « abattu » et jugeant cette sanction « disproportionnée » pour un blog qui relevait de sa « vie privée ». Le proviseur a également répondu aux questions de l’AFP et répété qu’« il n’y avait rien de pornographique ni d’obscène dans mes écrits, pas de nudité frontale, pas de sexe en érection, pas de couple en action sur mon blog » estimant qu’il y a « une erreur manifeste d’appréciation, dans l’interprétation de tel ou tel document ou écrit.
Paul Desneuf, directeur de l’encadrement à l’Education nationale, a pour sa part rappelé au quotidien Libération dans son édition en ligne d’hier les raisons de cette révocation estimant que « la nature du blog qu’il avait tenu était incompatible avec sa fonction ».
Les représentant FSU du lycée dont il avait la charge, tout en ne portant pas de jugement sur le fond et en réclamant la transparence sur cette affaire, ont quant à eux estimé qu’il s’agissait d’un « fait de société mal géré par l’institution ». Ces enseignants ajoutent que « jusqu’à ce jour, l’institution a fonctionné comme « la grande muette » » sur le sujet.
Si le recours gracieux n’aboutissait pas, une formation interne d’appel, le Conseil supérieur de la fonction publique, peut être saisie avant de porter l’affaire devant les juridictions administratives. A défaut, le proviseur serait contraint de vivre du seul RMI perdant son travail, la possibilité de bénéficier d’un emploi public et son logement de fonction.
EN SAVOIR PLUS
Le site de SOS Homophobie : www.france.qrd.org/assocs/sos
Le site du Collectif contre l’Homophobie : www.stop-homophobie.org
Un proviseur gay révoqué à Mende


