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Les propos de Nora Berra sur l’homosexualité,  »facteur de risque pour le VIH »

La secrétaire d’Etat à la Santé se faisait jusqu’ici très (trop ?) discrète face à l’omniprésence de son ministre de tutelle, Xavier Bertrand. Alors qu’avait lieu le Sidaction ce week-end, une polémique est née de ses propos tenus au Sénat à l’occasion du débat sur la bioéthique et plus particulièrement sur le sujet de la contre-indication concernant les gays du don d’organe.

«L’HOMOSEXUALITE EST UN FACTEUR DE RISQUE POUR LE VIH»

Soulignés entre autres par nos confrères de Yagg dès ce week-end les propos de la ministre ont choqué des associations LGBT et de lutte contre le Sida comme plusieurs personnalités.

Le débat portait entre autres sur l’examen d’un amendement égalitaire défendu par un Sénateur UMP, Alain Milon. Ce dernier entendait que le projet de loi revienne sur la contre-indication faite aux homosexuels de pouvoir donner un organe. Pour Nora Berra «Il ne s’agit pas d’exclusion mais de contre-indication, qui s’explique par un risque sanitaire avéré. Je suis défavorable à cet amendement.». Ce à quoi répond Alain Milon déclarant comprendre la ministre «mais c’est au médecin d’apprécier une contre-indication et l’orientation sexuelle ne saurait motiver une exclusion du don». Le socialiste Jean-Pierre Godefroy abonde dans le sens d’Alain Milon : «Si j’ai besoin d’un don, il m’est égal que le donneur soit homosexuel ou hétérosexuel dès lors que l’organe est compatible».

Mais Nora Berra justifie le maintient de l’interdiction faite aux gays d’être donneurs d’organe : «La loi ne discrimine personne mais prend en compte les données épidémiologiques, selon lesquelles par exemple l’homosexualité est un facteur de risque pour le VIH, donc une contre-indication de don». C’est cette affirmation que «l’homosexualité est un facteur de risque pour le VIH» qui a déclenché la polémique.

UNE «INCOMPREHENSION» ENTRETENUE PAR DES «PROFESSIONNELS DE LA POLEMIQUE»

«Ne sait-elle pas que ce sont les comportements qui sont à risque? Chez les hétéros comme chez les homos !» a estimé Jean-Luc Romero, «scandalisé» par les propos de Nora Berra. Eddie Aït, Secrétaire national du PRG, Président du groupe PRG-MUP au Conseil régional d’Ile-de-Franceabonde : «En tant que Secrétaire d’Etat à la Santé, il est irresponsable de tenir de tels propos mensongers!». «Faire l’amalgame entre homosexualité et sida stigmatise une population qui a été une des premières en France à prendre conscience des dangers de la contamination et à lancer de vastes campagne de prévention. Les propos de Madame Berra sont inadmissibles. Je demande sa démission!» conclut le Vice-président d’Elus Locaux Contre le Sida. Pierre Bergé, vice-président duSidaction, a jugé quant à lui ces propos «insupportables».

Aussi, Nora Berra a tenté de clore la polémique en s’expliquant dès hier sur son blog. «Je souhaite dissiper ce qui s’apparente manifestement à une incompréhension» écrit la ministre. «C’est bien la notion de « pratiques à risques » qui doit être prise en compte comme facteur de risque du VIH et non pas, évidemment, le fait d’être homosexuel» poursuit-elle. Tenant «à rappeler (son) engagement personnel de près de 20 ans» contre le Sida, Nora erra dénonce un «anathème à des fins partisanes» de «ceux qui laissent planer une accusation d’homophobie infondée, offensante et particulièrement grave».

Ces explications n’ont en tout cas pas convaincu Act Up-Paris qui dans deux communiqués réclame l’exclusion du gouvernement de la secrétaire d’Etat qualifiée de «danger pour les LGBT et les séropos».

Extrait des débats du mardi 29 mars 2011 sur examen du Projet de loi sur la bioéthique

Alain Milon, rapporteur. – Avis de sagesse sur l’amendement n° 10 qui tend à préciser que « nul ne peut être exclu du don en raison de son orientation sexuelle ».
Muguette Dini, présidente. – Sagesse favorable ?
Nora Berra, secrétaire d’Etat. – Il ne s’agit pas d’exclusion mais de contre-indication, qui s’explique par un risque sanitaire avéré. Je suis défavorable à cet amendement.
Alain Milon, rapporteur. – Je comprends la ministre, mais c’est au médecin d’apprécier une contre-indication et l’orientation sexuelle ne saurait motiver une exclusion du don.
Isabelle Debré. – Sur la philosophie de l’amendement, nous sommes tous d’accord. Mais pourquoi écrire cela dans le texte, alors que nous sommes tous égaux devant la loi ? Pourquoi le répéter ici ?
Jean-Pierre Godefroy. – Parce qu’aujourd’hui, les homosexuels ne peuvent donner un organe. Je rejoins Alain Milon, il faut vérifier la compatibilité médicale de l’organe et du receveur, pas plus ! Si j’ai besoin d’un don, il m’est égal que le donneur soit homosexuel ou hétérosexuel dès lors que l’organe est compatible.
Nora Berra, secrétaire d’Etat. – La loi ne discrimine personne mais prend en compte les données épidémiologiques, selon lesquelles par exemple l’homosexualité est un facteur de risque pour le VIH, donc une contre-indication de don.
Raymonde Le Texier. – En quoi les femmes homosexuelles sont-elles à risque ?
Nora Berra, secrétaire d’Etat. – Il s’agit des hommes seulement. Mais aucune catégorie n’est exclue dans la loi et cette mention ne mérite pas d’être inscrite dans le texte.
L’amendement n° 10 est rejeté.





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