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Le CSA et la justice examinent l’épisode satirique litigieux de Canal+

Le canular n’a pas fait rire tout le monde et pourtant on peut difficilement taxer Canal+ d’homophobie eu égard à la programmation de la chaîne (Nuits Gay, filmographie LGBT…).

Toutefois, période électorale sensible, débat fielleux en Languedoc Roussillon, sujets polémiques mais aussi mode d’intervention même des humoristes d’Action discrète qui ne se sont pas dévoilés après leurs interventions, ont conduit à ce que le dernier épisode, diffusé samedi dernier en clair, tourne à la polémique.

UN CANULARD AVEC PROPOS INJURIEUX, RACISTES, SEXISTES, HANDIPHOBES ET HOMOPHOBES
Ainsi, mercredi dernier, le 10 février, les membres d’Action Discrète sont intervenus à Montpellier en se faisant passer pour des militants de Georges Frêche, président du Conseil régional et candidat à sa réélection, écarté du PS suite à des propos outranciers et rendu définitivement triquard de la rue de Solferino suite à des déclarations à l’encontre de Laurent Fabius.

Les comédiens, avec l’accent local et t-shirts à l’effigie du baron local, ont arpenté divers lieux de la ville et répandu des propos injurieux, racistes, sexistes, handiphobes et homophobes tant dans la rue que dans une synagogue, un établissement lesbien ou un centre pour handicapés. Ainsi, dans la rue, face à une électrice socialiste revendiquée, ils ont argumenté sur le fait de pouvoir déclarer qu’«On peut être de gauche et dire que les arabes, c’est des bicots». Dans un bar lesbien, avant de s’en faire refouler, ils ont vanté une soi-disant bienveillance de Georges Frêche envers «les pédés» et «les colleuses de timbres dans les toilettes». Les mêmes ont également qualifié une opposante de Frêche de «conasse», comptant sur «les vieux» croisés dans la rue et insultant à une terrasse de café une partisante d’Hélène Mandroux, candidate socialiste et maire de Montpelier, cette «salope», «une connasse qui n’a pas ses ragnoutes depuis 10 ans». Dans un centre pour handicapés, ils ont par ailleurs salué les actions de Georges Frêche pour «les gogolitos et les baveux»

PLAINTES JUDICIAIRES. LE CSA SAISI
Mais, même dans sa forme extrême et caricaturale, la satire faite par les humoristes de Canal+ n’a pas été au goût des deux principales associations LGBT de Montpellier, la Lesbian & gay pride (LGP) et le Collectif contre l’homophobie (CCH) qui ont porté plainte pour injure homophobe. «Les quelques minutes d’homophobie crasse et gratuite diffusées un samedi soir, en pleines vacances scolaires, à une heure de grande écoute et devant un public composé probablement de nombreux jeunes enfants, tombent sur le coup de la loi et viennent anéantir le travail de prévention et de sensibilisation contre l’homophobie que nous nous acharnons à réaliser» ont expliqué les deux associations dans un communiqué. L’Unapei (fédération d’associations de représentation et de défense des personnes handicapées mentales) s’est déclarée pour sa part «insultée» par ce happening.

Aussi, le parquet de Montpellier a décidé d’instruire les deux plaintes déposées par les associations et le SRPJ local doit entendre les plaignants et les auteurs du sketch. Saisi également par les associations, comme par le candidat Georges Frêche, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a écrit à Canal+ «pour demander de plus amples explications» et voir si l’épisode litigieux contrevient aux règles visant à assurer le pluralisme politique en période électorale comme, sur le plan déontologique, statuer sur le fait que les comédiens ne révèlent pas aux quidams qu’il s’agissait d’un sketch et qu’ils ont été filmés.

LA PRODUCTION DE L’EMISSION SE DEFEND
Aussi, membres d’Action discrète et la production de l’émission se défendent de toute caution des propos utilisés dans leur satire. Pour le producteur, Yves Le Rolland, le but même était de «dénoncer» un «vocabulaire» pouvant être «blessant» et il «regrette tout à fait que les gens n’aient pas compris le message et que, ce qui était visé, au contraire, c’était ce genre de vocabulaire. C’était ça qu’on voulait dénoncer dans notre sketch». Avec le comédien Pierre Samuel, sur le plateau d’Arrêt sur Images, il s’est encore expliqué face à Thierry Nouvel, directeur général de l’Unapei, et à Vincent Autin, président de l’association Lesbian & gay Pride du Languedoc-Roussillon.

L’avocat de Georges Frêche a estimé qu’il s’agissait d’une «campagne calomnieuse» contre son client. Rappelons lui les propos de ce dernier au micro même de Canal+ au début du mois : «Je suis venu avec plaisir. Continuez avec le ton de liberté qui est le votre. C’est bien et c’est nécessaire à la démocratie. […] J’aime beaucoup votre chaîne parce que vous avez un ton d’impertinence qui vous a valu beaucoup de procés que vous avez tous gagnés. Et moi je vous suis depuis très longtemps et je suis ravi de votre liberté de ton et donc je vous invite à continuer»

VIDEO PLUS

L’épisode litigieux d’Action discrète sur le site de Canal+ :




Réactions à la vidéo et explications de membres d’Action discrète sur Arrêt Sur Images

Homos, Handicapés: l’Action discrète de trop ?envoyé par asi. – L’actualité du moment en vidéo.






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