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Iran : Un journal contraint de fermer, pour avoir interviewé une lesbienne

Suite à la parution Samedi 4 Août, de son article intitulé « Langage Féminin », retranscrivant une entrevue de la poétesse lesbienne Saghi Ghahreman, exilée depuis 1983 au Canada, le journal Shargh, dont le lectorat est principalement composé de libéraux iraniens, a été suspendu par les autorités, prétextant que la jeune femme était « connue pour promouvoir la dépravation sur son site » (www.saghi.ca).

Mehdi Rahmanian, propriétaire et directeur du journal, a confirmé les raisons de la fermeture de celui-ci, ajoutant que si l’ « amoralité » de la jeune femme en était la principale, c’est avant tout pour ses qualités de poétesse que ses journalistes s’étaient adressés à elle. Il est d’ailleurs à souligner que l’article ne mentionne aucune référence explicite à l’homosexualité, si ce n’est un encouragement par la jeune femme à plus de flexibilité entre les frontières sexuelles, car pour elle, « l’immoral est imposé par la culture au corps ».

Le journal concurrent conservateur Kayhan, ne s’est quant à lui pas privé, dans son édition de Lundi, pour vilipender la malheureuse, la qualifiant de « contre-révolutionnaire » à la tête d’une « organisation iranienne homosexuelle », et annonçant qu’en l’interviewant, le journal Shargh était forcément au courant de son « identité sexuelle déviante, de ses points de vue dissidents, et de sa personnalité porno ».

Mehdi Rahmanian attend maintenant de savoir si la décision d’interdiction de parution de Shargh, qui est en fait la seconde en moins d’un an puisqu’il il avait déjà dû cesser sa parution durant 9 mois, pour avoir édité des dessins insultants pour le président Mahmoud Ahmadinejad, est définitive ou non.

De son côté, l’avocat du journal, Mahmoud Alibatabai, est catégorique : « interviewer un individu ne peut pas être une raison de fermeture quand il n’y a aucun vice dans cette entrevue. La raison de l’interdiction est illégale parce que l’ordre judiciaire n’a pas protesté contre l’individu interviewé »

En attendant d’être fixé sur son futur, Shargh a fait paraître des excuses en couverture de son édition de Lundi, soulignant que son équipe avait ignoré les traits personnels de Saghi Gharhreman, pourtant rédactrice en chef du website Cheraq, qui traite des problèmes des gays et lesbiennes iraniens et qu’il éviterait à l’avenir « de telles personnes et mouvements ».

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