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Le Pentagone examine la règle du « Dont’ Ask, don’t Tell » …

Le député démocrate Martin Meehan, membre de la commission des Forces Armées, vient enfin de décider de mettre à l’ordre du jour l’abolition de la règle du « don’t ask, don’t tell » (Ne demande rien, ne dis rien), pratiquée depuis 13 ans (sous l’impulsion du président Bill Clinton), et qui permet l’enrôlement des homosexuels, à condition que ceux-ci gardent le silence sur leurs préférences (toute enquête sur la vie privée d’un soldat est interdite, mais l’expulsion est inévitable, si l’homosexualité de celui-ci est dévoilée).

Selon lui, il est en effet absurde qu’en temps de guerre, et dans une période où l’armée éprouve des difficultés à recruter du personnel qualifié, cette entrave autant discriminatoire qu’injustifiée, soit encore d’actualité. Il s’agit là d’une privation certaine pour la sécurité nationale et son organisation militaire toute entière.

Il s’avère aussi que ce règlement est particulièrement coûteux pour le Pentagone, qui selon une étude de l’université de Santa Barbara en Californie, aurait dépensé pas moins de 400 millions de dollars pour remplacer et former plus de 10 000 soldats renvoyés simplement par ce qu’on avait appris leur homosexualité. Parmi eux se trouvaient des centaines d’interprètes de la langue arabe, une des spécialisations actuellement les plus demandées.

Depuis son entrée en vigueur, la Service Members Legal Defense Network, une organisation de lutte pour les droits des homosexuels, a tenté, lors de plus d’une dizaine de procédures devant le tribunal, de remettre en cause cette règle très controversée, sans qu’aucune d’entre elles ne soit couronnée de succès.

Mais aujourd’hui le DADT arrive enfin pour la première fois devant la cour fédérale d’Appel de Boston, et les avocats de l’organisation vont souligner le fait que cette loi présente un vice constitutionnel, en total conflit avec le droit à l’intimité et celui de la liberté d’expression. Les experts juridiques font toutefois remarquer que ces concepts ont une valeur relative dans la vie militaire et que l’unique façon de changer cette grotesque situation reste la voie législative.

Parallèlement à cette nouvelle plutôt positive, on apprend avec stupeur que le Pentagone a révisé le 10 Juillet 2006, une instruction qui continuait de considérer l’homosexualité comme une maladie mentale, mais pour l’inclure dans une catégorie appelée « conditions, circonstances et défauts », où sont également classés l’alcoolisme, les désordres psychiques, le retard mental, les infections vénériennes répétées, et … l’incontinence !

Bizarrement il apparaît donc que si le Pentagone, cherche d’une part à ouvrir les portes de l’armée aux homosexuels, elle persiste à vouloir les stigmatiser. Le même Marty Meehan cité en début d’article, qui cherche à abolir le DADT, l’American Psychological Association et l’ American Psychiatric Association, ont envoyé la semaine dernière, des lettres de protestation au département de la défense du pays.

L’American Psychological Association exige ainsi une nouvelle révision de cette instruction afin d’ « éliminer la stigmatisation continue de l’homosexualité comme défaut ». Marty Meehan a indiqué : « je suis profondément convaincu du fait que l’homosexualité n’est nullement un défaut et qu’il n’y a aucune raison scientifique de l’inclure dans une telle liste »

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le chemin semble encore long à parcourir, jusqu’à ce qu’enfin l’armée américaine adopte une éthique cohérente sur la question de l’homosexualité.





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Natalie Dessay

Rapport ONUSIDA 2006