La décision de non-lieu rendue par le parquet de Béthune dans le cadre de l’agression de Sébastien Nouchet était attendue.
Après une enquête de plus deux ans n’ayant pas permis de faire ressortir de preuves circonstancielles pouvant impliquer les personnes désignées par Sébastien Nouchet comme auteurs des faits, voire même de les disculper, cette même enquête n’a par permis non plus de remettre en cause la thèse de l’agression, l’enquête psychiatrique tout comme l’absence de produits inflammables ou bidon retrouvés près de Sébastien confortant même la réalité de cette attaque.
Pour autant, commencent à pointer les limites de cette enquête, notamment les carences en matière d’investigation scientifique ou des actes d’instructions tardifs mais aussi les propos erronés de Sébastien tout comme son défaut de participation à la reconstitution organisée par le juge d’instruction.
C’est en substance ce qu’analyse également Me Caroline Mécary, avocat de SOS Homophobie, partie civile, dont les propos ont été publiés hier par Têtu dans son édition électronique : «l’ordonnance ne remet pas en cause l’agression de Sébastien Nouchet, elle la reconnaît. D’un point de vue juridique, qu’on arrive à un non-lieu parce qu’il n’y a pas suffisamment d’éléments matériels ne doit pas nous choquer. C’est le fonctionnement normal de la justice. Après, il faut s’interroger sur le fait de savoir si on s’est donné les moyens de réunir ces preuves.».
Me Delclos, le nouvel avocat de Sébastien Nouchet, déclare également au quotidien Libération être «soulagé, car l’hypothèse de la tentative de suicide est écartée. Puisqu’on ne met pas en cause la réalité de l’agression, nous ne faisons pas appel.». C’est le conseil en tout cas qu’il donne à Sébastien Nouchet que personne n’arrive à joindre ces derniers jours, suscitant l’inquiétude de sa famille et amis, le non-lieu prévisible ayant été très mal vécu par lui, toujours selon ses proches.
Cette affaire avait été à l’origine de la loi de décembre 2004 sanctionnant les propos homophobes, dite «loi Nouchet» instituant également la Haute UAtorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité des droits (HALDE), et avait largement sensibilisée l’opinion publique sur les actes homophobes. Sur le plan pénal, en l’absence d’appel de Sébastien Nouchet, le dossier sera refermé. Prescription décennale oblige, il faudra compter sur de nouveaux éléments si l’on souhaite qu’un jour les auteurs de cette agression présumée puissent être sanctionnés.
Le temps comme les contraintes de la Justice ne sont pas ceux des victimes mais comme déclare Jean-Luc Romero dans un communiqué de soutien à Sébastien Nouchet, «En tout état de cause, cette décision de non-lieu ne remet pas en cause la véracité des souffrances physiques et morales qu’il a subies.».
EN SAVOIR PLUS
Le communiqué de Jean-Luc Romero : Ici
Non-lieu dans l’affaire Nouchet
Le site de SOS-Homophobie : www.sos-homophobie.org. Appelez la ligne d’écoute anonyme de SOS homophobie au 0 810 108 135


