La reine des sondages avait déjà déclaré son admiration du blairisme, elle semble lorgner vers la solution britannique d’un Partenariat Civil qui conférerait aux couples homosexuels les mêmes droits et devoirs qu’un couple marié hétérosexuel sans pour autant que le terme « mariage » soit utilisé ni par ailleurs préciser la portée de sa proposition.
En l’espèce, la présidente de la région Poitou-Charentes, et favorite à gauche des sondages d’opinion, voit dans cette proposition un compromis électoralement acceptable par tous.
Interrogée à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), mardi matin, par des lecteurs du quotidien Le Parisien – Aujourd’hui en France, l’élue socialiste a réaffirmé son opposition au mariage gay tout en ouvrant une voie conforme aux engagements de campagne de son parti.
«Je me suis toujours refusée à instrumentaliser les questions de société pour faire « dans le coup ». Il faut donc procéder avec tact et doigté. Plusieurs pays ont avancé. À l’heure actuelle, ma réflexion est celle d’une mère : quel parent pourrait, quelles que soient ses convictions religieuses, s’opposer au bonheur de son enfant si c’est son choix ?» a-t-elle commencé.
Estimant que «La famille, c’est un père et une mère», l’élue des Deux-Sèvres souhaite, «pour ne pas bousculer les repères traditionnels», qu’une loi instituant une «union» entre homosexuelLEs soit promulguée : «la loi doit pouvoir créer cette union en mairie pour permettre à chacun de construire librement sa vie, à égalité de droits et de devoirs».
Opposante de longue date au mariage civil homosexuel et au droit à l’adoption, Ségolène Royal reprend à son compte l’analyse nataliste de la Mission parlementaire sur la Famille et les droits de l’enfant pour s’opposer au mariage civil homosexuel et tait la question de l’homoparentalité et du droit à l’adoption. Au-delà elle fait fi des formes actuelles de parentalité et dépeint une conception familiale plus proche de celle de Christine Boutin ou Philippe de Villiers que de celle de sa famille politique. Ségolène Royal également risque de se voir opposer sa situation personnelle, alors qu’elle vit en concubinage avec François Hollande, elle refuse aux couples homosexuels la faculté et liberté de se marier alors qu’elle-même en jouit en ne voulant pas institutionnaliser son union.
Alain Piriou, Porte-parole de l’Inter-LGBT que nous interrogions la semaine dernière, a indiqué concernant Ségolène Royal que «A titre personnel, les attaques machistes dont elle a fait l’objet ne peut qu’attirer une certaine sympathie au militant antisexiste que je suis. Pour autant, ses positions politiques, au-delà du genre qu’elle représente, posent en effet problème. Ce n’est pas à nous de dire au PS quel choix il doit faire pour être représenté aux élections, mais on sera attentif à ce que le PS tienne ses engagement sur le mariage et l’adoption, quel que soit son porte drapeau. Il ne sera pas acceptable pour nous que le PS qui dit aujourd’hui oui au mariage et à l’adoption, dise non demain, parce que telle serait la sensibilité de son/sa candidat-e.».
Ségolène Royal marque le terrain politique avant même l’investiture PS et exprime le fait que sa candidature est celle d’une femme libre des engagements de son parti, les aménageant à sa guise et conservant ses seules convictions en ménageant les oppositions idéologiques.
Si Ségolène Royal porte le sobriquet Zapatera, elle le doit à sa victoire régionale et non à son ouverture sur les questions sociétales.
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