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Rome : manifestation pour un Pacs à l’italienne dans un climat délétère

Le lieu de la manifestation se voulait symbolique. C’est sous les fenêtres de l’ambassade de France en Italie, le Palais Renaissance, Place Farnèse, que plusieurs dizaines de milliers de militantEs italienNEs se sont réunis samedi dernier, à l’appel de la principale associations LGBT transalpine, Arcigay, pour réclamer l’instauration en Italie d’un statut légal reconnaissant les unions homosexuelles et hétérosexuelles hors mariage, statut calqué sur le modèle du Pacs français. Dans le même temps une manifestation réunissait en nombre des partisans du droit à l’avortement à Milan en faveur du maintien de la législation actuelle et réclamant la généralisation des prescriptions de la pilule abortive Ru486 qui pour l’heure est utilisée à titre expérimental. Les deux manifestations étaient soutenues par la coalition de gauche, dirigée par Romano Prodi, qui tentera lors des prochaines élections générales d’arriver aux responsabilités en faisant tomber la coalition de droite dirigée par le Président du Conseil, Sylvio Berlusconi.

Lors de cette «grande fête des libertés civiles», les banderoles des manifestantEs scandaient «On ne nous fera plus taire» et réunissaient tant des homosexuelLEs que des hétérosexuelLEs qui réclament l’arrêt de l’ingérence dans la politique intérieure italienne du Vatican sur les questions sociétales. Un magistrat de la cour de cassation italienne, Giovanni Palombarin, a symboliquement uni plusieurs couples lors de la manifestation malgré le veto de sa hiérarchie. La manifestation a été dénoncée tant par le gouvernement et les partis de droite que par le Vatican.

«Ces manifestants donnent vraiment la nausée», a déclaré le ministre des réformes Roberto Calderoli, ajoutant que «La famille est une chose sérieuse, basée sur l’amour entre un homme et une femme.». Le même ministre a ajouté que «La famille est une chose sérieuse, fondée sur l’amour entre un homme et une femme pour faire des enfants. Le Pacs et les autres cochonneries ont seulement pour but le sexe et les absurdes revendications de droits ne sont qu’un prétexte pour toutes ces tapettes» SIC. Le ministre de la culture, Rocco Buttiglione, proche du Vatican et habitué des propos homophobes, a estimé que l’Italie avait pour responsabilité de protéger les jeunes couples hétérosexuels afin de leur permettre d’avoir des enfants, pas de s’occuper des couples homosexuels : «Ce sont les problèmes politiques sur lesquels ont doit mettre le projecteur. Car sans enfants, l’Italie meurt».

Le mois dernier, le Président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, avait déclaré que «En Italie, on ne pourra jamais légaliser le mariage des couples homosexuels.». Le puissant patron de presse et chef de l’exécutif italien avait répondu à une question de la presse étrangère estimant que «l’Italie est le pays le plus catholique d’Europe» et que «la plupart des Italiens n’accepteraient jamais» un tel changement.

L’Osservatore Romano, organe de presse du Vatican, a dénoncé des «provocations» les tentatives de reconnaissances légales de couples non mariés «indépendamment du fait que les partenaires soient d’un sexe différent ou identique.», Radio Vatican parlant de «sexualité idéologique».

La semaine dernière, Benoît XVI a réaffirmé face à des dirigeants politiques ue le mariage n’était pas une «entité fortuite, sociologique» mais «une question de rapports corrects entre un homme et une femme». Après la condamnation générale de toute forme de reconnaissance légale des unions homosexuelles, le souverain pontife entendait s’opposer au programme électoral de la gauche italienne qui prévoit l’instauration d’un Pacs à l’italienne, «forme de relation capable d’assurer prérogatives et facultés et de garantir la réciprocité dans le domaine des droits et des devoirs» selon le programme de gouvernement actuellement en discussion au sein des partis de l’opposition italienne.

Pour Benoît XVI, la défense du mariage traditionnel n’est «pas une particularité des enseignements moraux du catholicisme mais découle d’une vérité élémentaire relative à notre humanité à tous» et voit dans la reconnaissance «d’autres formes d’unions» une «grave erreur».

En marge de la manifestation de ce week-end, le cardinal Alfonso Lopez Trujillo, Président du Conseil Pontifical pour la Famille, a affirmé que le PACS «effrite la famille» et que la pilule abortive Ru486 est «une guerre chimique contre la vie à naître». Dans une interview publiée hier par le quotidien italien La Repubblica, l’homme d’Eglise a dénoncé le fait que «Pour la première fois dans l’histoire de toutes les cultures, de toutes les religions, de toutes les ethnies, ce qui a toujours été valable dans toutes les conceptions de la nature, de la philosophie et de la théologie est compromis: le mariage est l’union d’un homme avec une femme». Les dérapages sont usuels sur ce type de sujet, et le cardinal colombien n’est plus à un propos outrancier et à un amalgame près : «si l’idée passe que nous sommes face à l’union de deux personnes – du même sexe – alors tout devient possible: l’union entre de nombreuses personnes, l’union sans tenir compte des limites d’âge, la polygamie, l’inceste».

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