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Remaniement ministériel : la France va-t-elle enfin sauter le pas des salles de consommation à moindre risque ?


A l'occasion du remaniement ministériel, Xavier Bertrand vient d'être nommé Ministre des affaires sociales et de la santé et Nora Berra, secrétaire d'Etat à la santé...
Santé, Prévention, Drogues



Communiqué de presse
Asud, Anitea, Act Up-Paris, Gaïa Paris, Safe, Sos Hépatites Paris, salledeconsommation.fr, SOS Drogue International

Le 16 novembre 2010

Remaniement ministériel : la France va-t-elle enfin sauter le pas des salles de consommation à moindre risque ?

A l'occasion du remaniement ministériel, Xavier Bertrand vient d'être nommé Ministre des affaires sociales et de la santé et Nora Berra, secrétaire d'Etat à la santé. Ils succèdent à Roselyne Bachelot, qui avait annoncé en juillet « vouloir engager une consultation, notamment avec les collectivités locales, pour aboutir à des projets concret de centre de consommation de drogues supervisée ».

Certes, au coeur d'un été marqué par la sécurité, François Fillon s'est prononcé contre ces salles de consommation, mais depuis, la donne a changé : non seulement les preuves continuent à arriver sur la pertinence des salles de consommation, comme cette étude parue le 13 septembre au Canada qui montre qu'elles aident les usagers à arrêter durablement les drogues[1], mais le débat s'est également instauré en France : la ville de Paris a voté le 19 octobre 2010 pour être candidate à l'expérimentation et des élus des villes de Bordeaux, Marseille, Nancy se sont montré intéressés. Les membres du groupe de travail sénatorial sur la création de salles de consommation supervisée de drogue viennent d'être désignés et ils commenceront leur travail en décembre. Enfin, l'appel à l'expérimentation lancé par l'association Elus Locaux Contre le Sida (ELCS) a été signé par plus de 300 élus[2], toutes tendances confondues et 52% des français approuveraient l'ouverture de salle de consommation[3].

Ce débat a aussi réveillé les nostalgiques d'une politique « centrée sur le standard unique du sevrage ». Cela fait pourtant longtemps que le tout sevrage a montré ses limites, que la palette thérapeutique s'est enrichie, et que la démarche de Réduction des Risques a démontré son efficacité. Certains responsables politiques n'ont pas hésité à émettre des contre-vérités, niant les résultats de l'expertise de l'Inserm, faisant croire à une banalisation de l'usage de drogues, à un accroissement des nuisances dans les quartiers où elles sont installées. Cette posture et les mensonges qui l'accompagnent ont été pourtant responsables d'une des plus grandes catastrophes sanitaires de ces 30 dernières années, l'épidémie de sida chez les usagers de drogue.

Les salles de consommation ne sont ni une panacée ni une perversion : elles sont un outil indispensable à la politique des drogues française. Elles font partie d'un continuum et d'une approche graduée qui va de la prévention des addictions jusqu'aux salles de consommation, en passant par les traitements de substitution et les communautés thérapeutiques. Ces salles sont des outils de politique locale destinées à réduire les risques VIH/hépatites/overdoses/Infections liés à l'usage de drogue, autant qu'à ouvrir une nouvelle porte d'accès au soin pour les usagers les plus précaires, et atténuer les nuisances liés à l'usage de drogues dans l'espace publique (cf. rapport Inserm[4]).

En 2005, lorsqu'il était ministre de la santé, Xavier Bertrand avait hésité à étendre l'expérimentation de communautés thérapeutiques jugées chères, inadaptées à la France et objets de préjugés idéologiques aussi injustes que ceux qui visent les salles de consommation à moindre risques ! Il avait su finalement initier un plan addiction, et installer la Commission Natinoale du même non qui ont été une étape importante de la modernisation des réponses.

Nous demandons à Xavier Bertrand et Nora Berra, le même traitement pour les salles de consommation : le droit à l'expérimentation !

[1] British Columbia Centre for Excellence in HIV/AIDS :
http://www.cfenet.ubc.ca/news/releases/first-its-kind-study-shows-supervised-injection-facilities-can-help-people-quit-drugs
[2] http://www.elcs.fr/Les-signataires-Appel-aux-elus-favorables-a-l-experimentation-des-salles-de-consommation-amoindre-risque_a489.html
[3] Sondage Ifop/La lettre de l'Opinion du 19 Aout 2010
[4] Inserm : expertise collective sur la réduction des risques
http://www.inserm.fr/content/download/12993/97898/file/synthese_reduction_risques.pdf
 


16/11/2010 Communiques Associations Prevention C.P. COMMUN

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