Le premier mariage gay argentin empêché
A cause de deux décisions judiciaires contradictoires, Alejandro Freire et José María di Bello n'ont pu se marier. La cour suprême est saisie en attendant l'examen par le congrès d'un projet de loi égalitaire... (Argentine, Mariage, Egalité, Justice, Buenos Aires)
Alex Freire et José María Di Bello sont venus ce 1er décembre à l'Etat civil de Buenos Aires. Ils ont pleuré. Mais pas pour les bonnes raisons.
Alors que les deux hommes avaient bénéficié le 13 novembre dernier d'une décision de Justice favorable au couple et qui estimait inconstitutionnelle l'impossibilité de se marier pour les couples de même sexe, une seconde décision, d'un autre tribunal, la veille même de la cérémonie, a annulé le premier jugement en arguant d'un problème de compétence juridictionnelle.
Aussi, les deux hommes, entourés de leurs amis et de militants LGBT, se sont tout de même rendus à l'Etat civil, cintrés chacun du ruban rouge en cette journée mondiale de lutte contre le Sida, mais n'ont pu entendre que le refus de l'administration de procéder à leur union.
Prenant la parole devant la presse après s'être étreint, le couple a maintenu leur souhait d'union : «Nous sommes tous des citoyens de première zone, et nous méritons les mêmes droits, qui portent les mêmes noms. Notre combat continuera». «Nous allons nous marier» a déclaré Alejandro Freyre, convaincu que «viendront après nous, des centaines, des milliers d'autres» couples de même sexe désireux de s'unir.
Sans surprise, l'Episcopat catholique local avait condamné la première décision de Justice, favorable au couple. Si l'exécutif local de Buenos Aires avait dans un premier temps indiqué qu'il ne ferait pas appel de la décision égalitaire, il fait désormais marche arrière en déplorant une «instrumentalisation politique» faite par le couple et déclarant attendre la décision de la cour suprême. Pour María Rachid, de la Fédération argentine des Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Trans', Mauricio Macri, le chef du gouvernement de la Région de Buenos Aires, «nous a menti» parce qu'il n'a pas exécuté le premier jugement et a opté pour «la décision politique de nous refuser nos droits et nous discriminer, mais nous allons continuer de nous battre».
Buenos Aires s'affirme pourtant comme une région gayfriendly avec ses nombreux établissements du quartier de Palermo et l'équivalent de notre Pacs appliqué dans la province. La ville de Villa Carlos Paz dans le nord du pays comme la province du sud du Rio Negro permettent également l'enregistrement de contrats d'union civils entre personnes de même sexe. L'Uruguay qui est séparé de Buenos Aires par le fleuve Rio da Plata a aussi adopté la Ley de Unión Concubinaria, équivalent local de notre PaCS, rejoignant ainsi, mais à un niveau national et non local, les autorités de Mexico, ou encore dans la province de Rio (Brésil).
Un projet de loi en cours de discussion au parlement doit étendre au niveau national la possibilité pour les couples homosexuels de se marier. Le voisin uruguayen est déjà allé plus loin, autorisant pour la première fois sur le continent l'adoption par les couples de même sexe.
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Une vidéo de la cérémonie informelle du couple (Espagnol)






