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L’effet laboratoire : l’ambigut de la sduction – entretien [david@outhebdo.com]

Herbert, l’explorateur deep house, et Gaspard Yurkievich, une des plus belles promesses de la mode actuelle,
collaborent pour un dfil automne-hiver 2000. Rencontre avec Gaspard Yurkievich avant son dfil qui a eu lieu
le 9 mars dernier sur la moquette du Printemps.
Out : L’an 2000 c’ est une date importante pour un crateur ?
Gaspard Yurkievich : La date en elle-mme ‘est pas trs importante. C’ est la troisime collection que nous prsentons et depuis le dpart on avait intgr cette date. On fait dj partie du troisime millnaire. La marque est ne avec ‘an 2000.
O : Tu as l’impression de faire partie d’un courant de la mode actuelle ?
GY : Depuis deux ans en France, un phnomne est apparu avec les magazines. Il y a plus de supports, des gens plus jeunes au sein des rdactions prts prendre des risques. Ma gnration peut profiter du dveloppement de cette presse. Avant, des crateurs comme Vronique Leroy voyaient leur univers dilu et un peu trahi par la presse fort tirage. Aujourd’hui, dans les magazines comme Purple, Self service ou mme Jalouse, les regards respectifs des crateurs sont respects. Ca cre une cohsion entre des crateurs qui pensent la mode diffremment, qui ont intgr tous les langages de mode qui ont pu ‘opposer ces dix dernires annes. On n’a pas peur dans une mme silhouette, de montrer des facettes trs opposes de la fminit. Le conceptuel et le sexy se mlangent, c’est une mode de « mutations ». La sduction est plus ambigu aujourd’hui.
O : Quelle est ta base de rflexion ?
GY : Je travaille avec Guido mon ami, on aime vraiment la mode. On aime ‘tudier, la dissquer. Il y a une identit milanaise, new yorkaise ou japonaise. Paris est un peu diffrente dans le sens o elle est traverse par tous ces courants. Nous avons intgr tous ces langages, on les synthtise.
O : Pour ce dfil automne/hiver 2000, tu as collabor avec Marc Atlan pour le visuel de l’invitation, et avec Herbert pour l’illustration sonore. C’est important de collaborer avec d’autres artistes ?
GY : J’admire vraiment les gens qui ont une grande libert dans leur dmarche, comme Bettina Comenda. Son travail photo m’a vraiment fait avancer. Pour Herbert, on ‘a vu la Fondation Cartier et quand on l’a rencontr, c’est devenu une vidence de travailler avec lui. On lui a laiss carte blanche. Il est venu Paris enregistrer des sons dans le mtro, au Printemps… C’est une bande-son pleine de tensions, a correspond bien ‘esprit de la collection, des dtails un peu « silly », des influences urbaines et la force que a peut donner la cration. Comme Herbert, notre dmarche va vers une recherche, un esprit de laboratoire de la mode permanent.

[david@outhebdo.com]

Yurkievich by Herbert , Paris (Style/Chrysalis), en dition limite.

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