POESIE DE NOTRE TEMPS
Gilles du Guret est un pote jusqu’ici peu prolixe. Nous n’avons pour l’instant de lui que quatre textes, apports au journal par Stephen Feingold. Je me souviendrai toujours, maintenant que je les ai lus, de l’air coupable, en faute et souriant avec lequel il me les apporta. Lisez-les. En quatre coups l’auteur a fabriqu un monument de lettres, sans gure d’gal dans notre histoire. Il a lu, rcit, mdit d’autres, des potes. On l’entend sa voix. Racine, Corneille, La Fontaine, Verlaine, Du Bellay, Dustan, les prcieux, Saint-Amand, Saint-Just, Sade et tout le Parnasse, Pierre Dac, San Antonio (avec une petite fixette perso sur le nombril quand mme). Tout cela malax par son petit dmon, le plaisir, nous a donns les fleurs o se lit son gnie. Lisez-le. C’est sublime.
GD
A lcher
A lcher ton gland de plaisir,
A t’enculer sans rpit pour mieux nous unir,
A te baiser l’anus jusqu’ en souffrir,
A te pincer les seins pour les voir grandir,
A te masser les pieds jusqu’ te faire jouir,
A te ptrir les fesses, combl de plaisir,
A te darder le nombril jusqu’ le faire rosir
A te palper la queue et la sentir grossir,
A te sucer les reins t’en faire rougir,
A te caresser les joues pour mieux t’alanguir.
le 10/10/97.
Il est des instants
Il est des instants privilgis,
O le vide se fait dans le tumulte de la journe
Et pendant lesquels mon esprit ainsi libr
Erre rapidement vers toi, mon aim.
Lorsque mes yeux ne voient plus,
Lorsque mes oreilles restent sourdes,
Je pense fbrilement ton cul
Et au plaisir de lcher tes couilles lourdes
Si te caresser suffit largement me faire bander
Rien que de t’voquer, me fait chanceler.
T’agripper au moment d’jaculer
Reste une sensation d’une rare intensit.
Lcher ton sperme sur ma bouche
Me mouille bien plus qu’une aquatique douche,
Car plutt que de s’asscher, mon palais salive,
Mon esprit bouillonne et foisonne d’ides subversives
Le 13/11/97.
Parfum d’amour
Dans mes veines coule une semence
Portant en elle notre tendre alliance,
Imposant mon esprit sa prsence,
Me fait sentir de l’amour, la fragrance.
Unir d’un parcours de la paume,
Tes pieds, tes jambes, ta taille,
Insrer mes doigts dans ta faille,
Lcher, de ton nombril, chaque atome,
Renouvelle jours aprs jours mon plaisir vivre,
Aux cts de celui dont la prsence m’enivre,
Qui nous porte tous deux sur des hauteurs,
De cour, d’esprit et de mours,
Que quelque amis comprennent,
Qui vaut de subir toutes les peines,
Car l’amour est, de fleurs, une chaine,
Car mon amour, en pleurs de bonheur, je t’aime
Le 1/11/98
L’amour au Dpt
A la faveur d’un soir, sans que rien ne soit d au hasard,
Je m’en fus avec l’Amour, vivre l’aventure sur le tard.
Sitt arriv, sitt happ,
Une musique au rythme sourd et rpt
Russit laver les restes du monde extrieur
De notre enveloppe de peau qui montait en chaleur.
L’adrnaline aidant, le cour battant
J’entamais avec Cupidon la ronde immdiatement.
Regards chercheurs, muscles saillants,
Taille fine, gonflements allchants,
Ici, le langage est muet,
Ici, tout de suite, est-ce que je te plais ?
L’obscurit a cach la mue de l’agneau en loup,
Qui affam, hurle par son bas-ventre,
Sa volont inbranlable de tirer un coup,
Alors seulement, commence la recherche de l’antre.
La sensualit animale et le sexe sont moiteurs,
Les ombres tournent laissant leurs senteurs,
Dans des sillages aux contours vacillants.
Les spectateurs commencent trouver leurs amants.
Des mains intresss vont et viennent,
Le long d’axes aux allures de roches Tarpiennes
Un rideau militaire, pudique voile,
Jet ngligemment sur des bats mles
S’carte de temps autre sur des torses ples
Qui s’agitent, se trmoussent et rlent,
Le sang battant dans les tempes,
Nous voici dans la place o ils campent.
Irrmdiablement attir par son nombril,
Je soulve sa chemise avec un gai babil.
J’aime lcher les replis de son petit trou,
Dont la peau et les poils sont si doux ;
Un duvet blond qui ondule sous ma langue,
Au got sucr et juteux de mangue,
Mais, l’appel de sa turgescence
S’amplifie et est soudain immense.
Alors maitre de son corps et de sa vie,
Saisissant l’instant, de dglutis,
Enfonant goulment son sexe jusqu’ la luette,
Nom d’une pipe, ce que c’est chouette !
Un doigt dans son anus, agit de soubresauts,
M’entrainant dans ses mouvements, de bas en haut,
Je le lche, le pourlche, le mordille et le suce,
Massant ses couilles, taquinant son prpuce.
Et soudain, je fis si bien,
Que ma bouche est bientt remplie
Du fruit liquide de son merci.
Alors, de brute tendre se fait ma main,
Et il se relve lentement de son treinte.
Nous sommes alors hors d’atteinte,
Dans un monde ailleurs planant et lger,
Nous embrassant ensemble les yeux mouills.
Suants et heureux
La main sa taille
Je sortis avec mon Amour
Dans la rue la premire heure du jour.
Le 14/11/99.

