Eh, Jean-Franois, t’as pas un scoop ?
Jean-Franois Chassagne, a doit faire dix ans que je l’ai rencontr. Au BH, pour tre prcis. Comme j’tais jeune et belle (il a toujours eu un penchant pour la chair fraiche)… Bref. On a pass des vacances ensemble dans le Sud aussi, en 90, si je me souviens bien (c’est chez lui que j’ai rencontr Dominique Chouadra, mais je ne pense pas qu’il s’en souvienne. J’tais comme une petite belette l’poque, toute sexuelle et efface…). Re-bref. Bon aprs, j’tais en dpression, puis Tahiti et lui toujours en forme mais Nmes. C’est marrant, mais en fait normal aussi, pas mal de gens ont fui Paris pendant les annes noires, les annes les pires, les annes 90. Re-re-bref. Nous sommes de retour. Il vient de se faire lire la tte du SNEG. Je suis all le soumettre… un interrogatoire (chacun son tour…).
Quatorze questions chiantes…
GD : Pourquoi t’as voulu tre Prsident ? JFC : C’tait logique aprs huit ans comme vice-prsident. J’avais un devoir de continuit que j’entends assumer au sein d’une quipe refondue. Bernard (Bousset) a crit les deux premiers chapitres. Je continue le livre. A d’autres, plus tard, de le poursuivre. GD : Le SNEG c’est un peu la merde en ce moment, non ? JFC : Il y a eu effectivement un norme problme de communication. Nous avons donn la priorit la recherche de contacts et de soutien l’extrieur (politiques, administrations), sans forcment se soucier du soutien interne la communaut. La premire expression de notre nouvelle politique vers celle-ci, c’est la pub dans e.m@le pour informer sur la nouvelle quipe. GD : Ok. On passe aux sujets qui fchent. Quelles sont tes ractions face la tempte Ttu ? JFC : Pas de procdure judiciaire, mais probablement un droit de rponse. GD : En attendant, est-ce que tu peux rpondre sur les diffrents points relevs par Ttu ? Debrus, pour commencer, votre copain livreur de capotes ? JFC : Oui, l-dessus, Bernard (Bousset) n’a pas t trs adroit. Il ne s’agissait pas de copinage, mais de logistique. Il n’avait pas de prestataires capables de stocker des semi-remorques de capotes et de les livrer Univers Gym minuit. De plus, Debrus tait le moins cher. GD : Ok. La manif contre les fermetures des tablissements qui s’est arrte devant l’Open ? JFC : Nous avions dcid de dfiler dans le Marais pour des raisons videntes : on voulait rassembler le plus de monde possible. Il n’y a qu’ regarder l’autorisation prfectorale. Le parcours s’arrtait devant le Cox, seul tablissement ferm qui se trouvait dans le Marais. GD : Les « cartes de convivialit » ? JFC : La DGS a donn au SNEG 30 000 F pour couvrir une partie des cots. C’est normal de demander aux fournisseurs combien de cartes on peut faire pour 30 000 F, d’autant plus que les propositions qu’ils ont faites variaient entre 150 et 450 000 exemplaires ! GD : Et pourquoi pas le Glove ? JFC : Puisque le Dpot a t accept, pourquoi pas le Glove, s’il reprsente sa candidature. GD : La liste des adhrents ? JFC : Il n’y en aura pas, pour des raisons de confidentialit qui jouent surtout en province, mais on fera un annuaire rserv aux adhrents. GD : Donc on en aura un e.m@le… JFC : Oui, mais Ttu n’en aura pas, puisqu’ils ne sont pas adhrents. GD : Ok, super. JFC : On prpare aussi un ouvrage valorisant notre savoir-faire en matire de prvention. Il faut tout de mme rappeler que si le SNEG n’avait pas fait de la prvention en backrooms, il y aurait eu une loi pour les interdire. Notre action a contribu faire accepter l’ide de lieux de sexe qui n’taient plus les chiottes de gare et les cages d’escaliers (mme si ce genre d’endroits gardent leur charme). GD : Ouiiii… Euh, De Tilleul ? JFC : De Tilleul est membre du CA. Le nouveau responsable de la communication est Roger Bignon. GD : le Drugwipe ? JFC : C’est dans les placards. Il n’y a pas eu une seule demande. On ne va pas faire du marketing pour en vendre. GD : Ok. « Stop la drogue » ? JFC : On va faire une demande l’administration pour qu’elle nous prcise clairement ce que la loi exige des tablissements. GD : C’est vrai que tu vires le personnel sropositif ? JFC : Un, je ne sais pas s’ils le sont. Deux, je n’ai pas le savoir. Trois, c’est interdit par le droit du travail. GD : Pourquoi pas de lesbiennes aux commandes ? JFC : Il n’y a pas eu de candidates au bureau. On est trs dus. Avec la nouvelle gnration de lesbiennes, celles qui ne sont pas anti-pds, j’ai l’impression qu’on peut faire plein de choses. On peut en coopter pour une mission, pas de problme.
Et sept questions connes…
GD : Que fait le SNEG contre l’homophobie dans le Marais, genre les menes de l’association Aubriot-Guillemites ? JFC : Des constats d’huissiers. a cote trs cher, et on dfend nos adhrents au cas par cas, pour les terrasses par exemple. GD : Le SNEG grand muet politique ? JFC : Il faut faire remonter l’information. On va le faire sur la politique comme sur le reste, en organisant des tables rondes avec nos adhrents, Paris et en province. GD : Et pour parler de quoi ? JFC : Plein de choses : pourquoi l’accueil n’est pas toujours agrable dans les tablissements, pourquoi on bouffe mal dans des restos gays, est-ce que le SNEG doit se prononcer sur la dpnalisation des drogues… La presse est invite. GD : Quoi d’autre ? JFC : Expliquer nos clients ce que fait le SNEG. Communiquer vers le milieu gay, partout : le Marais, Paris, la France. Participer la Gay Pride : Antoine Baduel et Roger Bignon, qui sont personnellement intresss, plus que moi, vont travailler sur le projet. Le travail au SNEG pour les membres du bureau, c’est du bnvolat, alors il faut travailler par affinit avec le sujet. Moi, c’est plutt la province, les dlgus rgionaux, la prvention. GD : Bon, j’crois qu’c’est clair, j’me casse. JFC : Tu r’veux un caf ? GD : Ouais, j’veux bien, a va m’rveiller. Eh, sinon, Jean-Franois, t’aurais pas un scoop ? JFC : L’aide juridique et de conseil apporte aux adhrents par le SNEG face aux prfecture et sous-prfectures, surtout en province o l’homosexualit passe encore mal (le THT Montpellier, le Futur Compigne) ? GD : Ouais, euh, t’as pas mieux ? JFC : La ngociation de tarifs SNEG groups pour que les adhrents y compris les petits, achtent la bire ou les serviettes moins cher ? GD : Ouais, euh, y pas plus cho ? JFC : Des fringues SNEG pour engager les entreprises dans la communaut ? GD : Ouais, sympa… JFC : La cration d’un syndicat des employs d’tablissements gays, appuye par le SNEG qui aura ainsi un vritable interlocuteur social avec lequel moraliser la place ? GD : Ouaiiis, pas mal… Salut, Ji-Ef ! JFC : Salut, chouchou !

