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Info: « Le SNEG change de tte. »

« Le SNEG change de tte. »

Le mercredi 13 janvier l’ambiance tait apparemment dtendue pour l’assemble gnrale du Syndicat Nationale des Entreprises Gaies. Notorit au top, rsultat financier la hauteur et influence croissante taient au rendez-vous. Tout pouvait faire penser que le dpart de Bernard Bousset, prsident-fondateur depuis huit ans dj, serait le clou de la runion. Hlas, un dossier du journal Ttu sorti le jour mme, titr « SNEG, la part d’ombre du commerce gay », est venu semer le trouble… Pour Bertrant Dutilleuil (responsable de la communication), il est beaucoup plus facile pour le syndicat de se faire comprendre et appcier de la presse « grand public » que de la presse communautaire, dont le seul objetif serait de dire du mal de l’action des commerants.

Syndicat de Licence IV
Autre souci, la vocation du SNEG rassembler l’ensemble des entreprises  » clientle gay ou tenues par des gays », vocation toujours difficile suivre tant les problmes lis aux boites de nuit et aux bars sont omniprsents dans les proccupations des actuels dirigeants. Assureurs ou fleuristes gays se sentent un peu largus par l’nonc des rglementations sur le bruit ou la chronique des relations avec la brigade des Stups. Ce tropisme limonadier est accentu par les actions de prvention sida (soutenu par la DGS) dont la cible reste videmment les lieux de convivialit (bars, boites, saunas).

Drogues
Autre sujet polmique, le testeur de drogue Drugwipe mis en vente par le SNEG pour ses adhrents afin que ceux-ci puissent contrler leurs clients. Il s’agit d’un « dtecteur de surface » pour les quatre principaux produits (ecstasy, cocane, LSD, hrone). Pas franchement au fait de savoir si la dmarche est lgale ou non, l’objet est plutt brandi comme le symbole de la mobilisation du SNEG sur les questions d’usage de drogues. Mais, 65 F l’unit, aucun testeur n’a encore t vendu.

Profession de foi
Parmi les candidats qui se sont prsents l’lection du conseil d’administration, certains n’ont pas hsit dvoiler leurs plus intimes convictions. Ainsi un propritaire de sauna, pour qui « la mauvaise image » que donnent les homosexuels est une des raisons de leurs marginalisation et du dveloppement de l’homophobie (ndc : on avait plutt l’impression que a diminuait…), a donc tout simplement remis l’ordre du jour la stratgie de la « discrtion » que devrait encourager le SNEG, pour mieux nous fairre admettre par les htros.

Des chriffres
Cration : 1990. Adhrents : 950 dont 200 Paris. Personnels : 2 salaris au sige et 8 dlgus rgionaux. Budget (prvisionnel 1998) : 5, 14 MF Subventions sida (prv 98) : 2,16 MF. Cotisation adhrents (prv 98) : 310 000 F. Prservatifs et cartouches de gel distribus : 3,5 Millions d’units.

Des (nouveaux) chefs
Prsident : Jean-Franois Chassagne (QG, Gate Nmes). Vice-prsident : Antoine Baduel (Radio FG, e.m@le). Trsorier : Jacky Leclerc (Mec Diffusion). Secrtaire gnral : Gilles Pigot (Tilt Sauna). Charg de communication : Roger Bignon (ID Box Commucation).
Alain Royer

Brves
Intellos
La revue du sociologue Pierre Bourdieu consacre son numro de rentre (dat de dcembre 98) l’homosexualit (pour faire branch on dit « les homosexualits »). Les deux articles d’Eric Fassin (sociologue l’Ecole Normale Suprieure) sont excellents de clart et de pertinence : le premier sur l’historiographie gay aux Etats Unis et le second sur la polmique propos du mariage gay. On y dcouvre galement les premires feuilles du monumental « Gay New-York » de l’historien Georges Chauncey. Homosexualits , Actes de la Recherches en Sciences Sociales n125, Dcembre 1998, 69 francs (10,52 euros).

Les Inrocks
Les Inrockuptibles, journal « non conformiste » et « bourdieusien », publie, dans son numro sorti mercredi 20, un dossier consacr l’homosexualit.On y trouve notamment un portrait de l’intello-activiste Didier Eribon, un papier sur le queer et une prsentation de la collection « le Rayon Gay » dirige par Guillaume Dustan aux ditions Balland.

Fume le rapport !
Il y a 20 ans (ndc : dj…), Giscard commandait le premier rapport sur les drogues. Depuis, on ne les compte plus. Et, invariablement depuis 20 ans, les rapports sont enterr parce que la ralit scientifique et sanitaire des drogues ne correspond pas avec l’idologie dominante et la lgislation. Le dernier rapport, tabli par le professeur Roques, rappelle entre autres vidences que l’alcool, le tabac ou les mdicaments font plus de ravages que le cannabis. Bernard Kouchner, actuel secrtaire d’Etat la Sant, prfacier du rapport et ancien ptionnaire pour la dpnalisation du joint, « prend acte de la demande de modification de la loi de 1970 », pour une approche « sans tabou ni pralable » (ndc: tu parles…). La suite au prochain rapport… La dangerosit des drogues, rapport au secrtariat d’Etat la Sant. Bernard Roques, ditions Odile Jacob / La documentation Franaise, 120F.
Alain Royer

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DOUBLE FACE 19/01/99

OUT N 35