Qui aurait pu croire que les francs-maons avaient du mal affronter certaines ralits ? Le sida fait partie des grands sujets de rflexion contemporains curieusement oubli de ses fraternels sujets. Depuis 1996 pourtant (on pourrait rajouter, seulement), la Commission Nationale Sida du Grand Orient de France, regroupant une centaine de maons, toutes obdiences confondues, tente de mettre un terme cette amnsie. Son but : faire de la formation et de l’information interne. Selon Luc-Marie Jouanneau, porte-parole de la Commission, il n’est pas facile de faire sauter certains « vnrables » verrous. Comme partout, il y a des tabous. Comme partout, il est difficile d’accepter la maladie. Monde clos et protg de l’extrieur, la franc-maonnerie a eu apparemment du mal concevoir que le sida tait aussi un sujet qui les concernait et qui devait retenir leur attention. Qu’est-ce que cette Commission Nationale Sida ? « C’est un lieu sympa, nous dit Luc-Marie Jouanneau, qui regroupe aussi bien des mdecins, des infirmiers, des enseignants comme tous ceux qui se sentent impliqus dans cette cause, quelle que soit leur profession. Nous travaillons dans une harmonie de pense avec la volont de faire voluer les choses l’intrieur comme l’extrieur. » Et ils ont dcid de passer l’action. Les 21 et 22 novembre prochains, l’initiative de cette commission, Le Grand Orient de France accueillera un colloque ouvert tous sur le sujet « Sida : Liberts ? Egalits ? Fraternit ? », un vnement qui a pour vocation de confronter les opinions de profanes et de maons sur cette problmatique. Au programme : des tables rondes, avec pour commencer un tat des lieux et une mise niveau. Un certains nombre d’intervenants ont t invits afin de parler de la pandmie, des soins et de la lgislation. Sont prvues lors de ce colloque plusieurs tables rondes avec des sujets comme : « prvention et jeunesse », « sida et travail », « sida et cit – Ce que nos hommes de pouvoir en pensent et en disent », « Et moi je fais quoi contre le sida ? » (libre expression) et pour finir, la conclusion du Grand Matre. En filigrane, tout au long de ces deux journes, une question rcurrente : « Pourquoi si tard ? Pourquoi chez nous ? » Un Spectacle est organis le samedi soir 20h30 avec »Melomen », « Equivox » et les « Caramels Fous ». La totalit de la recette sera reverse le 1er dcembre une association ayant un projet de lutte contre le sida dans le domaine de la prcarit. Ce colloque est ouvert tous sur demande crite. Chaque personne participant au colloque pourra s’exprimer librement. « C’est une vraie rvolution au G.O. (qui compte aujourd’hui 45 000 membres), nous dit Luc-Marie Jouanneau, mais qui provoque des ractions positives. On ne pourra plus dire qu’on ne savait pas ou qu’on ne pouvait pas savoir. La franc-maonnerie ne protge pas de la ralit. Il y a des francs-maons qui luttent dans des associations contre le sida de faon individuelle depuis des annes. Aujourd’hui, c’est une prise de conscience sur la maladie et ses consquences qui dnote une volution de la notion de fraternit au sein des obdiences maonniques. On a du mal parler de la maladie et finalement, on n’imaginait pas que des francs-maons puissent tre touchs. Le premier rflexe a t celui de la peur, puis nous avons eu la volont de rflchir et d’aller de l’avant. L’existence de la commission a provoqu tout cela. Cela n’aurait pas pu tre possible si les autorits du Grand Orient de France n’avaient pas adhr cette volont de faire voluer les choses. Il n’y a aucun enjeu de pouvoir, seulement la volont de faire avancer les choses chez nous. Beaucoup de militants d’associations de lutte contre le sida sont francs-maons. La crise que connat le monde associatif les pousse une certaine rflexion commune. Depuis un an et demi, le discours sur la maladie est diffrent dans les ateliers et on ose enfin aborder les sexualits. L’autre problmatique qui anime la rflexion des membres de la commission est de savoir ce qu’on peut faire en tant que franc-maon pour faire voluer les choses ? Il faut que le travail que nous faisons l’intrieur puisse avoir des rpercussions bnfiques l’extrieur. »
Pour participer au colloque, crire :
Luc-Marie Jouanneau – Commission Nationale Sida
NETORI – 16, rue Cadet 75009 Paris.
Colloque gratuit. Spectacle : 200F. L’ensemble des actes sera dit et disponible la librairie du Grand Orient de France.
Thomas Primo
