Folles de colre ! En rponse la dsertion des socialistes, les militants hurlent « socialistes homophobes ! ». Mais les abstentionnistes, comme pour se faire pardonner, recyclent l’injure pour accuser la droite. La radicalit impose bien sr que quiconque s’oppose d’une manire ou d’une autre aux progrs de l’galit des droits pour les homosexuels soit tax d’homophobe. Pourtant un constat s’impose : l’homophobie n’est plus ce qu’elle tait.
En 1960, l’Assemble nationale discutait d’un projet de loi autorisant le gouvernement lutter coup d’ordonnance contre les flaux sociaux. Un dput de droite, Paul Mirguet, proposa d’adopter un amendement assimilant l’homosexualit un flau social « contre lequel nous avons le devoir de protger nos enfants ». Et il ajoute « qu’au moment o notre civilisation, dangereusement minoritaire dans un monde en pleine volution, devient si vulnrable, nous devons lutter contre tout ce qui peut diminuer son prestige ». Au milieux des rires, le rapporteur de la loi parvient tout de mme placer : « Soyez assurs que je ne suis nullement gn de parler de ces choses puisqu’elles existent. Il est naturel qu’on en parle pour les combattre. » Et l’amendement ft adopt.
Qu’il est loin aujourd’hui le temps du flau social ! Mmes les opposants les plus farouches au PACS, les politiciens surfant sur les arguments les plus proches du FN, pour soit-disant couper l’herbe sous les pieds de l’extrme droite (Nicolas Sarkosy par exemple), cherchent prouver leur bonne foi vis–vis des homos. Pour eux le PACS apporterait de fausses solutions de vrais problmes. Mme Christine Boutin reconnat qu’il faut adopter des dispositions pour viter les drames vcus par les gays.
De l’homosexualit contre-nature, on est pass la sexualit immature (Tony Anatrella), d’un choix incompatible avec la vie sociale, on en est maintenant une relation « non quivalente » l’htrosexualit. On est pass de l’abjection la compassion.
Ainsi, les arguments des parlementaires de droite sont rvlateurs des volutions de notre socit sur l’homosexualit. L’action militante, collective ou individuelle des gays et des lesbiennes depuis vingt ans n’a pas t vaine : un homophobe ne peut plus aujourd’hui employer les mmes arguments que ses anctres, il y va de sa crdibilit, et affirmer publiquement son « respect » pour les homos est dsormais une figure oblige.
Les discours d’exclusion des homos de la vie publique et sociale ont donc chang, ils se sont polics et sophistiqus. Comme si pour reculer un peu, l’homophobie avait d faire quelques progrs.
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