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Tout m’énerve

La vie de PaCa est bizarre et pourtant si pleine de normalité. Rythmé par le sauna et le réseau, les coups d’un soir et les coups de blues, son quotidien défile devant nous accompagné de sa galerie de personnages. Que serait un jeune gay parisien sans sa conne à pédé, son meilleur pote avec qui il partage tout (et oui, j’ai bien dit tout !), sa mère hystérico-possessive de province, ses bars du Marais et ses rencontres avortées ? Mais la vie de PaCa, ce n’est pas que ça : c’est aussi ces petits détails quotidiens qui vous font monter la pression artérielle, qui vous font voir rouge, bref, qui vous énervent. Alors PaCa chie sur la société et ses couples heureux-en-amour-avec-enfant, sur ces gens qui courent trop vite dans la rue sans se soucier du malheur des autres, en fait, sur ce qui fait que rien ne tourne rond.

Vous le cherchiez, et bien vous l’avez trouvé : le voilà votre roman de l’été. Franchement, il a tout pour plaire. Et tout d’abord, un style incomparable, un mélange d’oralité et de style écrit ponctué par de moultes références à une trash culture qui est celle de notre société de consommation. Il n’y a pas un seul moment de contemplation, tout est fait de vitesse et de fiel que Pascal Pellerin déverse sur cette vie avec une grande justesse. Ce dont il parle, on l’a tous vécu (peut être pas la maladie vénérienne de l’anus, mais bon, on peut compatir à la douleur !).

On aime le ton de cet oeuvre, certes cynique mais pas injuste, comme le résultat du fossé entre les attentes de PaCa et sa vraie vie. Pascal Pellerin n’épargne personne, et même s’il se noie parfois dans son idéalisme, rien ne paraît irraisonné. Pascal râle et on se met en colère avec lui, on partage sa fougue souvent ravalée.

Le monde de PaCa n’est pas très rose, certes, mais il est vrai, sans détour, avec toute la franchise qui fait que l’on aime déjà ce livre dès les première pages. Tiens, parlons en de ces premières pages : Pascal y décrit avec beaucoup de distance sa petite descente dans un sauna homo. Deux mot pour décrire ce chapitre : justesse et humour. Pascal arrive à entourer le sordide du lieu et de la situation dans un petit papier acidulé fait de dérision et sincérité. Le glauque en devient moins dur et le pathétique un peu moins sordide.

En réfléchissant bien, seule la conclusion de ce livre pourrait laisser à désirer. Est ce que le dernier chapitre ne vient-il pas essouffler la fin du livre ? N’est il pas qu’une sorte de Nota Bene mis à la fin parce qu’impossible à caser au milieu ? Qu’apporte-t-il vraiment de plus à cette oeuvre ? Je dois avouer que j’aurais préféré que Pascal Pellerin fasse sans lui, juste pour une fin plus dramatique. A vous de voir ! Mais de toute façon, vous ne pouvez pas partir à Mykonos cet été sans ce bouquin dans vos valises, vous louperiez un merveilleux bol d’air frais.

Pascal PELLERIN
Tout m’énerve
Ed. Le Serpent à Plumes
2000, p 187, 89 F





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