Si la décision de la Haute cour de Delhi ne produit d’effets que dans le territoire éponyme, elle a une portée symbolique considérable pour le pays qui compte près d’1,2 milliards d’habitants.
L’article 377 du code pénal indien, disposition victorienne issue du colonisateur britannique, qui criminalise les rapports homosexuels entre adultes consentants, constitue une «violation des droits fondamentaux» a estimé la Haute Cour ce jeudi 2 juillet alors que l’homosexualité était jusqu’ici considérée comme «contre-nature».
La question de la dépénalisation de l’homosexualité dans le territoire de Delhi agite depuis plusieurs mois l’opinion publique et la classe politique. En juillet 2008, la haute juridiction avait saisi les ministères de la Santé et de l’Intérieur pour faire évoluer le cadre légal mais le gouvernement voyait s’opposer partisans de la dépénalisation et conservateurs qui veulent maintenir la répression.
Des personnalités civiles ont soutenu l’abrogation de la Section 377 soulignant le caractère néfaste de la pénalisation dans le cadre de la lutte contre les MST, fait également souligné par l’agence gouvernementale indienne de prévention du sida. Sur ce point, le ministre de la Santé indien avait abondé dans le sens des abolitionnistes en se déclarant favorable à l’abrogation dans un discours à la Conférence internationale sur le sida de Mexico. L’Inde connaît le paradoxe d’être la plus grande démocratie du Monde, de faire partie des pays à développement économique rapide à l’instar du Brésil, de la Chine ou de la Russie, tout en conservant largement un système social pyramidal et de castes féodales ou d’oppositions religieuses brutales.
La loi, même rarement appliquée, punit de dix ans de prison l’homosexualité. Elle reste valable dans les 6 autres territoires indiens.
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Inde (Vers la dépénalisation de l’homosexualité ?)


