Les résultats de la journée électorale européenne sont autant porteurs de sens au niveau de la politique interne que dans une perspective communautaire. Alors que l’on aurait pu s’attendre à des votes sanctions à l’encontre des partis libéraux et conservateurs en Europe en ce contexte de crise mondiale et d’appel à la régulation économique, c’est l’inverse qui s’est produit avec une majorité confirmée et accentuée pour les partis de droite. A nuancer, la poussée des écologistes en Europe, en France comme en Allemagne notamment, et des partis nationalistes, eurosceptiques voire xénophobes.
En France, l’UMP obtient finalement 27,8 % des suffrages, loin devant le PS (16,4 %) qui fait égalité avec Europe écologie (16,2 %)qui aura été le grand gagnant de ce scrutin et le seul parti à avoir vraiment parlé de l’Europe et présenté un programme en ce sens, sans considération de politique intérieure. C’est là l’inverse de ce qu’a pu faire le Modem où personnalisation du scrutin par François Bayrou et nationalisation des enjeux avec l’antisarkorsysme comme ligne idéologique ont conduit à une débâcle avec 8.4% seulement des votes. Le parti socialiste paie tout autant ses divisions, un manque de leadership interne qui est étendu de toute façon à l’ensemble de la gauche et une division de l’opposition progressiste là où la droite a fait l’union depuis plusieurs années avec une personnalisation autour de Nicolas Sarkozy incontestée.
Au final, peu de chose à attendre par les LGBT du nouveau Parlement européen avec une majorité confortée de la droite et des compétences et pouvoirs in fine limités sur les sujets qui nous intéressent. L’UMP en campagne affichait sa volonté de «lutter contre toutes les formes de discrimination» sans autres précisions, l’Europe en ce sens étant perçue comme à même de garantir un minimum de libertés publiques pour les LGBT européens et ne s’étendra pas sur les questions clés de reconnaissance des unions et de l’homoparentalité.
En France, il faudra attendre les prochaines élections intermédiaires, régionales, sans enjeux réels pour les LGBT, pour voir une éventuelle recomposition du paysage politique, une rénovation de la gauche là où l’absence programmatique et idéologique est sanctionnée élections après élections, ou bien la confirmation d’une droite suffisamment unie pour constituer une majorité et une offre politique.
Enfin, alors que Nicolas Sarkozy a annoncé ce matin qu’il prendra «dans les jours qui viennent des initiatives ouvrant de nouveaux chantiers», il faudra analyser l’annonce prochaine du remaniement gouvernemental pour donner un sens à ce que sera la seconde partie de mandat du Président.
Réactions de GayLib : Dans un communiqué, le mouvement LGBT associé à l’UMP félicite les candidats de la majorité présidentielle et déclare qu’il leur apportera leur soutien. Gay Lib souhaite que «ce nouveau Parlement défende les libertés fondamentales de tous les citoyens européLib, y compris les LGBT» en donnant notamment «un caractère contraignant à la Charte des Droits Fondamentaux pour tous les Etats membres au travers de l’adoption du Traité de Lisbonne».


