Après le vote par le parlement burundais du nouveau code pénal local, la promulgation du texte était attendue et c’est chose faite par le président Pierre Nkurunziza le 22 avril dernier.
Si on peut se réjouir de l’abolition de la peine capitale, le nouveau code pénal criminalise l’homosexualité qui constitue dorénavant un «attentat à la pudeur», «contraire au moeurs». Jusqu’ici, les autorités de Bujumbura n’avaient pas de base légale pour poursuivre les homosexuels de ce pays de la région des Grands Lacs. Le nouvel article 549 du code pénal punit ainsi «tout acte à caractère sexuel intervenant entre deux personnes du même sexe», à l’instar de la zoophilie. L’article 552 vient ensuite préciser la peine prévue : «une servitude pénale de trois mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille francs à cent mille francs ou d’une de ces peines seulement».
Cette pénalisation, dénoncée par les associations protectrices des Droits de l »Homme comme celles luttant contre le Vih, a été justifiée par les autorités locales comme conforme à la «coutume» et à la «culture» burundaise, le parti au pouvoir ayant opportunément rassemblé au début du mois de mars entre 10000 et 20000 partisans favorables au texte, à l’instar des dignitaires religieux dont les puissantes Eglises protestantes locales.
AIDES et Sidaction qui travaillent depuis plus 1997 au Burundi, peuplé de près de 9 millions d’habitants, avaient appelé en vain le gouvernement français, et plus globalement les instances internationales concernées par la lutte contre le sida et le respect des droits de l’homme, à «demander au Sénat burundais de rejeter catégoriquement cet article qui se révèle à la fois inutile (il n’améliore en aucun cas les conditions de vie des citoyens burundais) et inacceptable vis-à-vis des droits humains et de la lutte contre le VIH».
Comme au Sénégal où 9 hommes avaient été emprisonnés avant d’être récemment libérés, les associations estiment qu’ «Au Burundi, avec une telle loi, il va être très difficile de poursuivre et de développer les programmes qui ciblent les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes».
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Burundi : projet de pénalisation de l’homosexualité.


