Bosnie – Herzégovine : menaces sur les festivaliers LGBT : Après des violences lors du Queer festival de Sarajevo, l’Inter-LGBT et le CGL Paris dénoncent des menaces contre les organisateurs, certains obligés de se cacher ou fuir le pays. Le premier Queer Festival de Bosnie-Herzégovine, dont l’ouverture a eu lieu le 24 septembre dernier, à l’Académie d’arts plastiques de Sarajevo, a été le théâtre de violences homophobes malgré le déploiement des forces de l’ordre. Le CGL Paris, dans un communiqué, indique que «Depuis des menaces de mort ont été proférées à l’encontre des organisateurs et responsables LGBT, une vidéo publiée sur You tube montre la décapitation de la responsable, Svetlana Đurković. Les militants sont obligés de se cacher, certains ont fuit leur pays». «Malheureusement, nous avons subi une véritable chasse aux sorcières. Huit visiteurs de nos expositions ont été poursuivis, puis brutalement tabassés. Celui qui a subi les pires violences est le sélecteur de notre programme de films, le Danois Andrejs Viskochis. Il a été agressé à Skenderija, près de sa voiture. Deux autres personnes ont été agressées avec lui. Quand il a pris la fuite, les agresseurs l’ont rattrapé, jeté au sol et roué de coups de pied. Ils lui ont brisé un os du visage. Il a déjà eu une opération de l’oeil, et il est maintenant en service d’urologie, dans un état critique» a déclaré Svetlana Đurković, rapporte le site en ligne Le Courrier des Balkans. Pour Christine Le Doaré, Présidente du Centre, «La liberté de rassemblement et d’expression est l’un des droits fondamentaux les plus importants dans une démocratie» et elle exige des autorités locale qu’elles assurent la protection des militants LGBT menacés. «Le gouvernement français qui s’est engagé à soutenir la journée mondiale de lutte contre l’homophobie – IDAHO- devrait intervenir auprès du gouvernement Bosniaque» indique-t-elle encore, à l’instar de l’Inter-LGBT, appelant les institutions européennes et le Conseil de l’Europe à demeurer vigilants sur la situation des LGBT bosniaques. Le site du Queer Sarajevo Festival.
Russie – Le festival de cinéma gay de Saint-Pétersbourg annulé : Officiellement, ce sont pour des raisons de sécurité que le festival a été annulé alors qu’il devait avoir lieu le week-end dernier. Toutefois, Irina Sergeeva, organisatrice de l’évènement conteste cette explication. Elle avance que les deux établissements où devait avoir lieu l’évènement ont été fermés par les autorités locales, deux autres cinémas contactés pour suppléer à ces fermetures ayant refusé malgré un accord de principe, les organisateurs évoquant des pressions politiques pour expliquer leur revirement. Nikolai Alekseev, organisateur de la Pride de Moscou et habitué des décisions administratives autoritaires pour empêcher l’organisation d’évènements LGBT a estimé que «les autorités russes poursuivent leur politique homophobe et leurs actions illégales et arbitraires en empêchant des évènements qui ont pourtant lieu dans des lieux clos et privés en prenant prétexte de raisons techniques». Bien qu’autorisé par les autorités locales, contrairement à la Pride de Moscou, le festival aurait fait les frais des pressions politiques qui ont conduit à cette annulation estiment organisateurs et militants russes.
Ouganda – Après la répression, des déclarations ministérielles haineuses : La situation des LGBT en Ouganda qui subiraient une persécution par les autorités de Kampala avait déjà été dénoncée le mois dernier alors que deux activistes LGBT (Lesbiennes, Gais, Bis, Trans) avaient été détenus dans de mauvaises conditions et qu’en juin dernier déjà, des militantEs de l’association Sexual Minorities Uganda ont été arrêtéEs pendant une conférence sur le sida alors qu’ils et elles dénonçaient la non-prise en compte des minorités sexuelles dans la gestion de l’épidémie de VIH. Le président ougandais, Yoweri Museveni, est classé parmi les chefs d’État les plus homophobes par Human Rights Watch. C’est au tour du ministre ougandais de l’Ethique et de l’Intégrité, James Nsaba Buturo, de tenir des propos homophobes, évoquant un risque de «fin de la civilisation» et appelant à un renforcement de la législation pour pénaliser davantage encore l’homosexualité. «Qui peuplera l’Ouganda dans 20 ans si nous devenons tous homosexuels ? Nous savons que les homosexuels ne se reproduisent pas» a encore ajouté le ministre qui souhaiterait voire criminaliser les associations de défense des LGBT. A l’instar du président Ougandais, il accuse l’occident et la mondialisation, comme cause d’un «développement» de l’homosexualité dans le pays.


