Les fondements de la Sécurité Sociale sont-ils toujours d’actualité ou l’on assiste à une privatisation qui ne dit pas son nom de notre système de soins ?
Les franchises médicales avaient conduit déjà pour la première fois depuis la création après guerre de la Sécurité Sociale à ne plus à faire jouer la solidarité nationale envers les personnes malades mais à ce que les malades paient eux-mêmes une partie des soins. Les projets concernant la grande dépendance vont tout autant dans le sens d’une privatisation de ce risque social, à charge pour les français de s’assurer. L’insuffisance de la revalorisation de l’Allocation Adulte Handicapée et les risques de durcissement des critères d’attribution avaient également conduit les associations à s’indigner.
Aujourd’hui, c’est le directeur l’Union nationale des caisses d’assurance-maladie (Uncam), Frédéric van Roekeghem, qui créée la polémique en proposant dans le quotidien Les Echos une réduction du taux de prise en charge de certains médicaments des patients souffrant d’affections longue durée (ALD). Ce serait désormais au tour des plus malades, diabétiques, cancéreux, personnes touchées par le VIH etc, de voir le taux de remboursement de certains de leurs médicaments passer de 100% de prise en charge au taux classique de 35%, à charge pour les éventuelles mutuelles privées de combler la différence.
Christian Saoult, ancien président d’AIDES et président d’un collectif d’associations de malades, a dénoncé au micro de France Info cette proposition qui touche 8 millions de malades alors même que 8 millions de français n’ont pas de mutuelles : «Après la franchise qui était une double peine, on a désormais une triple peine».
«Plus les mesures seront mises en oeuvre vite, plus le retour à l’équilibre sera conforté» a ajouté M. van Roekeghem.
Prédisant les effets politiques d’une telle annonce, le ministre du Budget et des Comptes publics, Eric Woerth, a assuré au micro de France Culture ce matin que «Il n’y aucune remise en cause du remboursement à 100% des affections longue durée».
Les associations de malades déjà remontées contre le gouvernement et la Ministre de la Santé attendront des assurances sur les déclarations du directeur de l’Assurance maladie.
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