Un porte-parole de Romano Prodi a confirmé hier que le projet de loi créant les unions de fait homosexuelles (et hétérosexuelles), accordant des droits aux gays vivant en couple, était abandonné.
Alors que Romano Prodi avait présenté sa démission à la Présidence italienne la semaine dernière, cette dernière a demandé au chef de l’Union de la gauche de revoir les termes de sa coalition et de se soumettre à un vote de confiance au Sénat. Ce vote doit intervenir demain et, en prélude, Romano Prodi a redéfini sa coalition en la recentrant politiquement. L’abandon du «Dico», le projet de loi pro LGBT, fait parti des gages donnés aux centristes pour soutenir la coalition renouvelée du Profesore.
Aussi, même si Romano Prodi obtient le vote de confiance demain, le projet de loi sur les unions de fait est enterré ce qui constitue une victoire pour l’aile catholique centriste de l’Union de la gauche. Le Vatican n’a par ailleurs pas ménagé ses pressions pour voir échouer une loi octroyant aux portes de la cité papale des droits aux homosexuels en couple, alors même que le projet était a minima et ne reconnaissait pas les couples en tant que tels mais simplement les individus.
Pour appuyer sa coalition, fragile structurellement depuis sa victoire face à Sylvio Berlusconi, le président du conseil italien a exigé un accord de principe de ses alliés sur 12 points non négociables. Le «Dico» ne fait donc pas parti de ces points jugés prioritaires.
Le même porte-parole de Romano Prodi a déclaré que le chef du gouvernement soutenait toujours les unions de faits et espérait que le projet de loi pourrait de nouveau être porté au vote devant les parlementaires.
A l’origine de la crise politique secouant l’Italie, le vote dissident de deux élus, communistes, relatif au maintien des troupes en Afghanistan. Cette crise aura non seulement recentré politiquement la coalition de Romano Prodi mais fait échouer d’autres mesures, dont le «Dico». Les communistes italiens allaient même plus loin que le projet de loi proposé sur les unions de faits, ils soutenaient l’ouverture du mariage civil aux couples homosexuels.
Romano Prodi, en cas d’échec du vote de confiance provoquera des élections législatives anticipées, dans une Italie où l’instabilité politique est chronique et découle de la loi électorale avec une proportionnelle au Parlement qui empêche toute majorité stable.
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