Lors d’une conférence de presse ce matin, L’inter-LGBT qui fédère la plupart des associations homosexuelles et organise chaque année la Marche des Fiertés, a fait le bilan à 100 jours de l’élection présidentielle des cinq années où le parlement et l’exécutif ont été dominés par l’UMP.
L’Inter, via son Porte-parole, Alain Piriou, son Président, Christophe Lefèvre, et son secrétaire de la commission politique, Laurent Chéno, a rappelé à l’origine qu’elle «ne disposait en effet d’aucune promesse de campagne précise sur laquelle s’appuyer pour obtenir la satisfaction de ses revendications. En outre, la composition du premier gouvernement de Jean-Pierre Raffarin et l’élection de farouches opposants au pacs ne rassuraient en rien l’Inter-LGBT». Pour « les associations membres de son Conseil ont très vite fait le choix de tenter un dialogue et d’engager un rapport de force, afin que la législature produise autant que possible des résultats utiles pour les personnes LGBT».
Aussi, et avec surprise a avoué l’Inter, «À la lecture de ce bilan, il n’y a pas lieu de regretter ces choix, même si la confrontation voulue constructive avec la majorité a souvent trouvé ses limites. C’est donc un bilan très contrasté que livre aujourd’hui l’Inter-LGBT d’une expérience inédite pour elle : celle d’un dialogue exigeant avec une majorité aux options conservatrices.».
A l’actif de la majorité parlementaire ; la pénalisations des propos homophobes, l’aggravation des peines en cas de violences à caractère homophobe, la reconnaissance présidentielle de la déportation et des répercutions à l’encontre des homosexuels par le régime nazi et les réformes successives du Pacs. Pour autant et pour chacune de ces avancées des limites demeurent et des améliorations sont à apporter et finaliser.
Au passif, «le mariage, cela a été NON et cela a mobilisé jusqu’au sommet de l’Etat» rappelle Alain Piriou. La question de l’homoparentalité également avec une fin de non recevoir ferme et des prises de position comme celle de l’Entente parlementaire de 300 UMP/UDF jugées «intolérables». Les questions internationales ont été pointées du doigt avec l’absence d’implication de la France dans ses relations diplomatiques et sur la scène internationale pour défendre les homosexuels opprimés à l’étranger. Mais encore, la thématique transgenre a été totalement éludée par les gouvernements successifs. Et pour finir le carton rouge à la lutte contre l’homophobie qui en dehors de la création insuffisante et laborieuse de la HALDE n’est toujours pas une priorité, notamment à l’attention des plus jeunes avec une fin de non recevoir de l’Education Nationale sur ce sujet et l’absence de politiques publiques sur le sujet.
Si l’Inter reconnaît que «c’est toujours délicat de faire un bilan assez critique par ce que cela revient à reconnaître ses propres échecs, ce n’est pas de bon coeur non plus qu'(elle) livre ces critiques même s’il y a quelques améliorations».
Alors que «les exemples étrangers comme les avancées des syndicats, organisations, et du corps social dans son ensemble sont non négligeables, les questions LGBT sont confrontées à un problème politique». C’est pourquoi les associations sont en train d’adresser aux candidats déclarés à l’élection présidentielle, à l’exception de Jean-Marie Le Pen et de Philippe de Villiers, avec qui elles refusent tout dialogue, un questionnaire qui reprendra la plupart des revendications mais également demandera aux candidatEs les moyens institutionnels qu’ils comptent mettrent en oeuvre pour assurer leurs éventuels engagements.
Fidèle à son habitude, l’Inter-LGBT n’émettra aucune consigne de vote au premier tour, et ne devrait pas le faire pour le second, sauf présence de l’extrême droite. Un conseil devrait néanmoins se réunir entre les deux scrutins pour définir la position à adopter.
«Il va falloir faire pression pour que nos questions face partie du débat» et «on ne satisfera pas des seuls engagements déjà tenus» ont prévenu les associations qui feront courant mars le bilan des questionnaires adressés.


