Dans un documentaire diffusé samedi à la télévision britannique, le leader de la Communion Anglicane qui réunit les 38 églises nationales regroupant 77 millions de fidèles, l’archevêque de Canterbury, a déclaré qu’il était peut-être trop tard pour éviter le schisme de l’Eglise.
Rowan Williams a pour la première fois déclaré craindre perdre le contrôle de la situation face à l’hostilité des branches traditionnelles de la Communion anglicane qui conteste les nominations d’évêques gay, notamment celle de Gene Robinson à l’origine de la crise, comme l’ordination de femmes au seins de l’Eglise. Le progressisme des branches américaines est dénoncé notamment par les Eglises africaines, majoritaires en nombre de fidèles.
Pour l’archevêque de Canterbury, «puisque je suis un être humain, pécheur ordinaire, je sens la situation échapper de mon contrôle» a-t-il déclaré à ITV, ajoutant craindre le «schisme, non parce que cela serait une mauvaise chose pour le monde mais parce que, à ce moment particulier, cela serait une mauvaise chose pour nous tous. Cela va conduire des personnes à des récriminations et à l’amertume». Le schisme pourrait intervenir le mois prochain lors de la réunion des principaux chefs anglicans en Tanzanie. Ainsi, les conservateurs anglicans, principalement issus de pays en voie de développement, ont annoncé qu’ils ne se mettront pas à la même table que la représentante américaine, une femme ordonnée évêque, Katharine Jefferts Schori. La fronde menée par l’archevêque nigérian Peter Akinola pourrait conduire ainsi à une division de l’Eglise en deux branches principales, celle schismatique menée par l’ecclésiaste africain qui a déjà reçu le soutien de paroisses américaines traditionalistes.
En novembre dernier, c’était au pape Benoît XVI d’exprimer le désaccord de l’Eglise de Rome face aux avancées progressistes anglicanes. Dans un communiqué commun, le Pape Benoît XVI, et l’archevêque de Canterbury Rowan Williams, avaient reconnu l’existence de «sérieux obstacles» sur le chemin de la réconciliation notamment sur l’ordination des femmes et les mariages homosexuels.
Les conservateurs anglicans souhaitent un retour à l’Anglicanisme authentique proche de la vision de l’Eglise catholique de Rome sur les sujets sociétaux. Dans une «lettre ouverte, publiée il y a plus d’un an et signée par 17 des 38 primats de la Communion anglicane, l’archevêque de Canterbury était mis en demeure de «couper les branches mortes» et de prendre des mesures contre «l’immoralité sexuelle sans repentance» d’une partie du clergé de l’Eglise.
L’Eglise Anglicane est née d’un désaccord même sur les questions de moeurs. En 1534, Henri VIII, roi d’Angleterre, voulut voir son mariage avec Catherine d’Aragon reconnu nul par Rome pour pouvoir épouser Anne Boleyn. Le pape Clément VII, qui avait célébré ce mariage, ne lui donna pas satisfaction. La communion anglicane compte aujourd’hui 77 millions de fidèles dans le monde.
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