Campagnes 2007 – Avis de recherche – 6 dcembre 2006
Pour une politique progressiste de gauche, non sexiste, non raciste, non
moraliste
Les Panthres roses interpellent les personnalits politiques de gauche,
candidates potentielles l’lection prsidentielle de 2007, en leur adressant
un courrier contenant un glossaire
prcisant les dfinitions de termes trop souvent galvauds dans les discours
lectoralistes. Elles rendent public leur avis de recherche en lanant une
campagne d’affichage.
En effet, elles constatent qu’entre charter et karcher, les dbats
engags pour les chances lectorales de 2007 et les orientations que prennent
les politiques sont mille lieues des ingalits et des urgences sociales.
N’en dplaise aux aficionados de la Rpublique miracle ou du
libralisme sauvage, aujourd’hui tre une femme, un pd, une gouine, unE trans
c’est concrtement tre exposE la violence physique, verbale et
institutionnelle de la socit franaise. Etre immigrE ou « d’origine », c’est
tre considrE comme des criminels, des racailles karchriser. Travailler
c’est se plier aux saintes valeurs de la prcarit et de la flexibilit ou
crever.
Les Panthres roses sont lasses de constater que les sujets
traits par les politiques de tous bords sont de plus en plus droite de la
droite et que tout le monde chasse sur les terres de l’extrme droite
(immigration, scurit, valeur, travail, etc.).
Elles luttent afin qu’merge un rel discours de gauche qui place
au coeur de ses priorits l’galit des droits quel que soit le genre,
l’orientation sexuelle ou l’origine ethnique, qui affirme que l’immigration
n’est pas un problme et prne une politique volontariste de redistribution des
richesses.
Retour sur quelques notions-cls
Attention, bien des termes qui fleurissent en ces temps de
campagne lectorale sont galvauds…
SCURIT / INSCURIT
Au coeur de
la campagne lectorale de 2002, elle se profile comme la star de celle de 2007.
C’est surtout l’occasion de stigmatiser certainEs individuEs par l’vocation de
fantasmes populaires, le recours la peur et l’talage de faits divers la
« Une » des journaux. C’est ainsi le moyen de prner des politiques toujours plus
racistes et plus liberticides en focalisant l’opinion publique sur la crainte
des jeunes et des immigrEs. C’est galement un prtexte fallacieux pour
renforcer la rpression policire, restreindre les liberts et mater les
mouvements sociaux.
IMMIGRATION
Les principaux
courants politiques traitent, sur les pas de Le Pen, l’immigration comme un
« problme ». En quoi l’immigration serait-elle un problme en soi ? Pourquoi
la libert de circulation devrait-elle tre rserve aux seuls citoyenNEs de
l’Union europenne ? Plus ou moins explicitement, l’immigr est dsign
comme responsable de tous les maux (chmage, inscurit, bruit, odeur…).
Bizarrement, qu’il ou elle soit trangre ou franaise, l’immigrE est souvent
dcrit comme arabe ou noir ou « d’origine », mais jamais amricain ou belge…
L’aboutissement de cette logique se traduit en 2005 par l’apparition de
l' »immigration choisie », loi cynique de Sarkozy centre sur la rentabilit
conomique de l’individu, bon jeter une fois sa « mission » termine.
Et
puis, c’est un peu gonfl quand mme de la part des pays du Nord de vouloir
restreindre l’immigration aprs avoir pill les ressources de l’autre moiti de
la plante, non ? Certains voudraient mme continuer voir dans la
colonisation un bienfait pour des populations qui selon la rpublique franaise
taient sans culture avant 1830… Arrtons de stigmatiser des populations
issues de l’immigration, des minorits culturelles et religieuses en niant leur
histoire et leur mmoire (cf. Valeurs rpublicaines).
DROITS DE L’HOMME
Terme obsolte
qui doit tre remplac par « droits humains ». On pourrait croire que dans le
« pays des droits de l’homme », touTEs les humainEs sont galEs en droit. Que
nenni ! Le terme est vid de sens dans un pays qui restreint le droit
d’asile et prcarise les droits sociaux, seuls garants de l’autonomie de chacunE
(cf. Services publics). L’enjeu des droits humains serait de garantir l’galit
des droits que l’on soit homo, trans ou htro, femme ou homme, avec ou sans
papiers, qu’on soit malade ou en bonne sant, qu’on soit issu d’un « quartier » ou
d’un autre, seul, en couple ou a plus. L’utilisation de termes miroirs comme
« galit des chances » permet de noyer le poisson et de ne surtout pas parler de
droits.
SEXISME / LESBO-TRANS-HOMOPHOBIE
Systme qui veut faire croire que les hommes seraient suprieurs aux femmes,
qu’ils seraient « naturellement » virils et rationnels et que leur « complment
naturel », les femmes, seraient douces, maternelles et intuitives. Les trans
seraient par consquent atteintEs d’une pathologie grave, puisqu’elles-ils ne
rentrent pas dans ces deux catgories figes. Ce systme prescrit galement
l’htrosexualit pour touTEs, la reproduction en tant le but ultime. Il
stigmatise donc les gouines, les trans et les pds et touTEs celLEs qui dvient
de la norme du couple htrosexuel reproducteur. Bien oblig de reconnatre que
celles-ci existent et perdurent malgr tout, l’htrosexisme se concentre sur
leur maintien comme citoyenNEs de seconde zone exclues du mariage et de la
filiation. Il s’assure de leur invisibilit dans les programmes scolaires, dans
l’Histoire, dans la sphre publique. Assurer l’galit des droits et reconnatre
la diversit des genres et des sexualits ne changerait rien au taux de natalit
et la « survie de l’humanit » mais permettrait d’viter que les gouines, les
trans et les pds se fassent rgulirement insulter, dprcier, tabasser,
assassiner…
ORDRE
Conception de la socit
fonde sur l’ide qu’il faudrait toujours plus de rgles et d’interdits. Valeur
de droite reprise par Royal (ah, l' »ordre juste » !) qui voudrait nous faire
croire que ce pourrait tre une valeur de gauche. Dclin en mode « moral »,
« naturel » ou « symbolique », il sert surtout restreindre nos liberts et
entraver nos jouissances. L’ordre est un outil de contrle social au service des
dominants qui en dictent les rgles.
INTGRATION
UnE bon immigrE
serait celui-celle qui fait la preuve de son intgration, c’est–dire qui renie
sa culture pour ne pas se distinguer d’un modle national fig, qui lui, refuse
tout nouveau souffle. « IntgrE » ou pas, il ou elle se verra nanmoins toujours
rappeler qu’elle ou il est avant tout d’origine trangre… Les exigences
d’intgration concernent galement celle-celui qui n’a pas la bonne religion, la
bonne sexualit, la bonne morale, etc. D’ailleurs, tout regroupement de
personnes qui oserait s’affirmer, revendiquer des droits sera tax de
« communautarisme » et donc d’esprit anti-rpublicain (cf. Valeurs
rpublicaines).
EMPLOI
L’enjeu est de rduire le
chmage, pas ses statistiques (radier les gens ne leur donne pas un
emploi !). Relancer la consommation n’y changera rien, si l’on ne change
pas la rpartition des profits. On ne veut pas plus de « valeur travail », on veut
vivre mieux ! Renforons les droits des salariEs, pas la flexibilit.
SERVICES PUBLICS
Les services ne
sont pas faits pour tre libraliss et faire du profit. Ils doivent assurer
touTEs un accs galitaire l’ducation, la sant, la retraite, un
logement dcent, la culture, etc. La privatisation n’est pas une fatalit et
les politiques peuvent s’y opposer. Certains services publics comme l’arme et
la police ont pris beaucoup trop d’importance. Leurs budgets seraient utilement
rpartis dans les services prcits.
FAMILLE
Prsente comme la
« cellule de base de la socit », idalement compose d’un pre et d’une mre,
maris, avec des enfants, au mpris de toute autre combinaison possible.
Pratique pour remplacer les solidarits collectives de plus en plus privatises
(cf. Services publics)… Mais quand t’es seulE, que t’as pas de famille, ou que
t’en veux pas, ou qu’elle t’a foutu dehors, tu crves ? C’est galement le
lieu favori de l’expression et de l’apprentissage du sexisme et de la haine des
gouines, des trans et des pds (cf. sexisme/lesbo-trans-homophobie). droite,
le modle doit rester celui d’une famille htrosexuelle : les
enfants ont besoin d’un pre et d’une mre (Sarkozy, Le Figaro,
02/09/06). La plupart des partis de gauche sont pour l’ouverture du mariage et
de l’adoption aux couples de mme sexe. Qui abolira le-la premierE ce privilge
de l’htrosexualit qu’est le mariage ?
NATALIT
Crainte pour le
vieillissement de la population, pour la croissance conomique, L’Etat appelle
la rgnration des forces vives de la nation. Les politiques natalistes ne
seraient pas si alarmistes si elles n’avaient pas pour but non avou de
prserver le caractre occidental de la population et la subordination des
femmes (cf. Sexisme).
VALEURS RPUBLICAINES
Valeurs
bases sur les principes de lacit, « libert, galit et fraternit ». Principes
pertinents (sauf « fraternit » qui serait avantageusement remplac par
« solidarit ») si ce n’est que leur utilisation systmatique est un prtexte pour
faire taire tous ceux et celles qui n’entrent pas dans le moule du dominant (cf.
Intgration). Le spectre de la division, du communautarisme, n’est qu’une
diversion pour ne pas toucher aux privilges de l’homme blanc htrosexuel
chrtien riche et en bonne sant.
SEXE / SEXUALITS
Absent des
politiques. Tabou. Sale. Sacr. L’ordre moral se renforce en France qui chasse
les prostituEs au lieu de chasser leurs souteneurs (cf. Ordre) et aborde la
sexualit principalement sous l’angle du couple et de la reproduction. Une
ducation non moraliste aux sexualits dans les tablissements scolaires ds le
collge permettrait chacunE de se forger une sexualit sans risques, autonome
et panouie. N’y aurait-il pas moins de violences sexuelles, moins de situations
de mal-tre, moins de comportements risques, si le sexe tait moins
tabou ? Quant aux campagnes de prvention du sida et des autres infections
sexuellement transmissibles, elles ne sont pas la hauteur de l’urgence de la
situation sanitaire, qui ncessite une rinscription massive et explicite dans
les espaces publics de l’usage du latex et en particulier du prservatif.
LUXE
Le luxe pour touTEs !
Pour que ce ne soit plus le privilge des riches.


