Lors du second débat télévisé entre les trois candidats à l’investiture socialiste à l’élection présidentielle, Ségolène Royal, Laurent Fabius et Dominique Strauss-kahn ont réaffirmé tout à tour qu’ils étaient favorables à l’ouverture du mariage civil aux couples homosexuels et au droit à l’adoption pour les couples gays et lesbiens.
Pour l’ancien Premier ministre Laurent Fabius, «La Droite aime la famille. La Gauche aime et soutient les familles» histoire de souligner le clivage partisan sur les questions sociétales. «Nous devons honorer le projet qui est le nôtre d’élargir le Pacs et d’avoir une politique d’égalité entre couples hétérosexuels et homosexuels.» poursuit-il avant d’avertir que sur ces sujets il faudra «convaincre l’opinion» du bien fondé de cette évolution.
Ségolène Royal, longtemps opposée sur ces sujets à toute évolution, a débuté par une longue tirade expliquant que sur le thème de la famille il fallait «en revenir aux fondamentaux» et que le «rôle de la famille est de transmettre les interdits qui structurent l’enfant». Au tout sécuritaire sarkoziste, la préférée des sondages oppose sur ce sujet également le tout ordonné, version royale de l’autoritarisme républicain auquel l’adjonction du terme «juste» soulignerait à dessein une caution de gauche apaisante. Soulignant qu’elle a reconnu comme organisation consultative l’APGL, l’association des parents gays et lesbiens, Ségolène Royal a (rapidement) répondu par l’affirmative au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels par un simple «oui» à la question de savoir si elle y était favorable.
Clôturant sur le sujet, Dominique Strauss-kahn a non sans malice souligné qu’il était le premier présidentiable socialiste à s’être déclaré favorable, dès l’hiver 2004, au mariage gay et à l’adoption (NDR : Jack Lang qui s’est retiré de l’investiture l’avait précédé) alors que le parti y était opposé et qu’on «ne peut pas prendre position uniquement quand l’opinion publique est favorable», pique à peine voilée à l’attention de Ségolène Royal. Au constat, d’une «société qui bouge» il est «évidement» pour le mariage gay et le droit à l’adoption, «le mariage aujourd’hui est une déclaration d’amour entre deux personnes» indépendamment de leur genre. Sur l’adoption il convient qu’il faut «sortir de l’hypocrisie».
Dans un communiqué, les militants LGBT socialistes se félicitent du débat qui a eu lieu, Homosexualité Et Socialisme (HSE) «se réjouit de voir la position du projet socialiste sur l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe défendue par chacun-e des candidat-e-s.». Faisant le constat que «Les contingences du débat télévisé n’ont pas permis d’apprécier en détail les positions des différents candidats. HES a présenté à chacun d’entre eux un questionnaire sur cinq thématiques : lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre, amélioration du pacs et ouverture du mariage, homoparentalité (adoption, procréation médicalement assistée, autorité parentale), réforme des droits d’asile et au séjour, prise en compte des questions trans. Les réponses seront rendues publiques avant le vote des militants.»
Les trois candidats se retrouveront devant les militants socialistes d’Ile de France au Zénith à Paris ce soir et s’opposeront à nouveau la semaine prochaine sur les sujets internationaux et européens.
EN SAVOIR PLUS
Voir le débat dans son intégralité (Mariage gay et homoparentalité dès la 42ème mn) : Ici


