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La traversée de l’été

Ca alors ! Un inédit de Capote dans une vente aux enchères !

Et nous avons tous un peu été Sherlock Holmes. Afin de nous donner l’impression de vraiment résoudre un cas, le catalogue de Christie’s annonça que l’histoire était incomplète. Or, Capote l’a menée à sa conclusion, avec une belle fin dramatique, même. Excellent, vraiment. Plein de finesse psychologique. Quand on pense que c’est un jeune homme de vingt ans qui l’a écrit, avec une finesse d’homme qui en aurait vécu quarante !  » Sa mère, constata-t-elle, l’aimait sans l’estimer.  » Et la mère a peur du mépris de sa fille.  » Grady accepta la réprimande d’Ida avec une grâce impliquant qu’elle ne savait pas que c’en était une.  » Tout le passage de la page 174,  » Enfin arrive un moment où l’on se demande : qu’ai-je fait ?  » Mais je suis injurieux pour la jeunesse, et oublieux des souffrances de Capote enfant. La jeunesse comprend sans doute autant de choses que la vieillesse, qui n’est peut-être que l’art de sa cacher la souffrance, la hideuse souffrance, mais qui accélère notre compréhension des choses laides du monde. Elles ne sont pas les moins nombreuses.
C’est une histoire naturaliste, comme, au fond, tous les bons romans. Comme ceux de Fitzgerald. Je me demande si, dans cette jeune fille de la bonne société new-yorkaise se mariant par provocation avec un gardien de parking, ce n’est pas le motif fitzgeraldien, le sentiment découlant du social, qui l’a fait rejeter par Capote. Jusque là, chez lui, et encore dans La Harpe d’herbe, le social n’a aucune importance relativement au sentiment, folle du logis sudiste qui radote avec un génie plus comparable à celui de Tennessee Williams. Et puis, chez Fitzgerald, les femmes sont intelligentes, ou méchantes, ou destructrices, mais décidées, tandis que les hommes sont timides, ou tricheurs, en tout cas fêlés ; le contraire de Capote. »

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