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Lettonie : Gay Pride interdite et violences homophobes

Interdite par les autorités de la capitale lettonne, Riga, la Gay Pride locale n’a pu se dérouler samedi dernier dans sa forme habituelle. La première édition en 2005 avait dû être autorisée par les juges administratifs suite déjà à une interdiction des autorités locales et n’avait rassemblé qu’une cinquantaine de militantEs sous l’hostilité d’une foule homophobe.

Cette année, les juges n’ont pas suivi les organisateurs de la Marche et ont refusé d’imposer la tenue de la Gay Pride, la municipalité de Riga arguant de raisons de sécurité pour s’opposer à la tenue de la manifestation. Malgré l’appel de l’ambassadrice américaine à la tenue de la manifestation tout comme celui de la présidente lettonne en exercice, rien n’y a fait. Vaira Vike-Freiberg, la présidente lettone, avait vivement critiqué la semaine dernière la décision de la municipalité de Riga d’interdire la gay pride : «Le refus d’autoriser cette parade est inacceptable dans un pays démocratique» estimait-elle, avançant les raisons historiques et légales à la tenue d’une telle manifestation : «Quand nous avons choisi d’être un pays démocratique il y a 15 ans, nous avons en même temps choisi d’accorder tous les droits à tous les groupes sociaux».

Le ministre de l’intérieur letton, Dzintars Jaundzeikars, avait reçu le Chef de l’Eglise orthodoxe russe en Lettonie, Nikolajs Tihonirovs, qui lui avait demandé à ce que la manifestation soit interdite, estimant qu’elle «offense la morale de la population et de chaque chrétien de Lettonie. C’est un défi et une provocation contre nos religions».

A défaut de pouvoir défiler dans les rues de Riga, les organisateurs de la Marche ont ainsi fait célébrer une messe de la tolérance pour les droits des homosexuelLEs au sein d’une église anglicane. Les participantEs au nombre d’une cinquantaine ont été recouvertEs d’excréments et d’oeufs par des centaines d’opposants et militants d’extrême droite rassemblés à l’extérieur de l’église et protestants contre ce qu’ils considèrent comme une provocation.

Le révérend Maris Sants, co-organisateur de la marche et qui avait célébré l’office, a dénoncé l’absence de la police pour protéger les participantEs de la messe alors que les autorités avaient été averties de cette célébration.

En décembre dernier, la Présidente lettonne entérinait l’amendement constitutionnel interdisant les mariages homosexuels et le mois dernier, Amnesty International avait accusé la Lettonie, comptant près de 2400000 habitants, de violation des règles communautaires garantissant les droits des minorités sexuelles et appelait le gouvernement letton à transposer sans tarder les directives européennes prohibant les discriminations liées à l’orientation sexuelle. En débat, le projet de loi a été vidé de sa substance tenant à la protection des minorités sexuelles par les parlementaires, obligeant la Présidente à poser son veto et renvoyer devant la chambre le texte initial garantissant une protection aux LGBT.

Interdictions de manifestations, violences, non transposition des directives communautaires relevant des libertés fondamentales et le protection de ses citoyens risquent de mettre au banc de l’Union l’état Balte qui devrait, comme la Pologne récemment, se voir rappeler que l’adhésion à l’UE n’est pas seulement productive de droits économiques mais également porteuse de devoirs démocratiques.

EN SAVOIR PLUS

Le site de la Letvia Pride 2006 : www.pride.lv

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