Le 22 Février dernier à Oporto, deuxième plus importante ville du Portugal, était retrouvé le corps sans vie d’une immigrée brésilienne transsexuelle, séropositive, toxicomane, prostituée et sans domicile fixe.
La pauvre Gisberta Salce Junior avait été enlevée le 19 Février par 14 adolescents âgés de 10 à 16 ans et issus pour la plupart d’un institut de protection de l’Enfance proche de l’Eglise catholique, financée par l’Etat, qui ont avoué l’avoir attachée et emmenée sur une aire de travaux désaffectée, puis l’avoir persécutée avec des actes d’une extrême violence, allant de l’insulte, aux coups de pieds ou de bâton, aux jets de pierre, à des brûlures de cigarettes, ou allant même jusqu’à l’introduction d’un bâton dans son anus jusqu’à lui provoquer de graves blessures. Le 20 et le 21 Février, le groupe visitait à nouveau sa victime pour renouveler ses barbarismes, avant de décider de la jeter au fond du puits de 10 mètres de profondeur, qui se trouvait non loin de là, à l’aube du 22 Février.
L’autopsie révélera plus tard que la victime était encore consciente au moment de sa chute, et c’est finalement avec une mort par noyade, que le supplice de Gisberta s’est arrêté.
Le choc est immense mais contre toute attente, la justice portugaise semble s’évertuer à traiter cet assassinat comme une simple affaire d’agression, ignorant purement et simplement le caractère transphobe de celui-ci, et cherchant même à le minimiser jusqu’à le faire disparaître aux oubliettes.
Choquées par cette attitude inacceptable, l’European Transgender Network, lance un appel à une journée de mobilisation le 8 Juin, devant les ambassades et aux consulats portugais du globe, aux communautés et associations LGBT, afin que soit reconnu le caractère transphobe de ce crime ignoble.
L’association compte profiter de cet manifestation d’envergure pour exposer des revendications légitimes, afin que reculent la transphobie et l’homophobie, et que la condition des transexuelLEs soit améliorée.
Tout d’abord elle réclamera la révision du statut de protection des mineurs (qui confie la moitié des mineurs à la protection des Institutions de l’Eglise), une meilleure politique sociale d’assistance pour les groupes marginalisés, que la notion d’identité de genre soit incluse les législations anti-discriminatoires, qu’il y ait une initiative éducative sur la situation des personnes transgenres et contre les comportements transphobes et homophobes, que la notion de genre soit totalement reconnue, permettant de choisir son nom, et que soit mise en place une loi de reconnaissance du genre comme il en existe une en Grande-Bretagne depuis 2004.
A Paris aussi, mobilisons-nous le 8 Juin, à 11 heures devant le consulat général du Portugal, 6 rue Georges Berger (Métro Monceau).
EN SAVOIR PLUS :
Le site de l’European Transgender
Network


