Ce samedi 22 avril à l’Hôtel de Ville de Paris, l’association Mémorial de la déportation homosexuelle et la municipalité organisent un hommage à Pierre Seel, déporté homosexuel disparu le 25 novembre 2005.
La cérémonie se tiendra le samedi 22 avril 2006, à 15h à l’Hôtel de Ville de Paris, en présence de proches de Pierre. La cérémonie se déroulera dans les salons de la ville sous le haut patronage de Bertrand Delanoë, pour un «hommage centré sur Pierre et le legs qu’il a fait à la génération actuelle» comme nous le déclarait Franck Zanni, responsable du site Triangles Roses, le mois dernier. Le communiqué d’annonce rappelle le parcours de Pierre Seel : «Pierre Seel est né en Alsace le 16 août 1923 dans une famille bourgeoise catholique. A 17 ans, il perd sa montre dans un lieu de drague de Mulhouse et porte plainte à la police. A son insu, Pierre Seel est inscrit sur le fichier homosexuel de la police française. Le 2 mai 1941, Pierre Seel est arrêté avec une douzaine de personnes par la Gestapo. Après l’invasion de notre pays, la police politique allemande traque les homosexuels en Alsace et Moselle annexée, grâce notamment aux fichiers de la police française. Pierre est torturé, frappé, puis déporté au camp de concentration du Strutthof le 13 mai. Il connait là-bas le sort tragique réservé aux homosexuels, considérés comme la lie des déportés. Dans le camp, il voit son ami Jo, âgé d’à peine 18 ans, se faire torturer puis mettre à mort par les SS. A partir des années 1980, Pierre Seel témoigne de sa souffrance passée et il publie en 1994 sa biographie, co-écrite par Jean Le Bitoux : Pierre Seel : « Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel » (éditions Calmann-Lévy)».
Le Mémorial de la Déportation Homosexuelle et de nombreuses associations LGBT s’associent à la Mairie de Paris pour rendre hommage à Pierre Seel, victime de la barbarie nazie et héros du combat contre l’oubli.
Ce nouvel hommage intervient alors que l’Allemagne a annoncé l’ouverture de ses archives liées à l’Holocauste et aux crimes nazis qui n’avaient été accessibles pour l’heure que de manière limitée, notamment au profit de la Croix Rouge International au lendemain de la guerre pour recenser les victimes.
C’est la ministre allemande de la Justice, Brigitte Zypries, en visite aux Etats-Unis, qui a annoncé l’ouverture du fond aux historiens et chercheurs après une rencontre avec Sara Bloomfield, directrice du musée de l’Holocauste de Washington. Les millions de documents placés sous la responsabilité du Service International de Recherches (SIR) comprennent les documents d’administration et de gestion des camps comme ceux énonçant les motifs individuels d’incarcération et de déportation, qu’ils soient de droit commun ou politiques, antisémites, liés à l’orientation sexuelle ou aux origines ethniques. Le SIR a été fondé spécialement pour assister les victimes civiles persécutées par le régime national-socialiste pendant la Seconde Guerre mondiale.
Cet accès par les chercheurs aux archives allemandes devrait permettre une meilleure analyse historique des crimes nazis notamment ceux liés aux répressions envers les tziganes ou les homosexuels.
EN SAVOIR PLUS
Le communiqué de l’association Mémorial de la déportation homosexuelle sur l’hommage à Pierre Seel : Ici
Rififi autour du ravivage de la flamme et de la cérémonie en hommage à Pierre Seel
Le site du Service International de Recherches (SIR) : http://francais.its-arolsen.org/
Retrouvez la nouvelle parution d’un témoignage de déporté homosexuel, « Les hommes au triangle rose » de Heinz Heger aux éditions H&O.


