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Cameroun, onze hommes détenus pour homosexualité et climat d’hostilité en Ouganda

Le comité Belge de l’organisation de défense des Droits de l’Homme dénonce la situation dans laquelle se trouvent onze hommes au Cameroun, emprisonnés du fait de leur homosexualité présumée, et le climat d’hostilité envers la population LGBT qui se dégrade en Ouganda.

Au Cameroun, onze hommes sont actuellement en détention préventive à la prison centrale de Yaoundé et seraient accusés de « pratique homosexuelle » qui n’est pourtant pas un délit reconnu dans le Code Pénal camerounais. Amnesty international considère « que ces hommes sont des prisonniers de conscience, détenus seulement en raison de leur orientation sexuelle présumée et appelle à leur libération immédiate et inconditionnelle ».

Arrêtés le 22 mai 2005 dans la capitale camerounaise, Yaoundé, par des gendarmes de la Brigade Nlongka, Amnesty International ne dispose que de peu d’informations à leur sujet : « le 13 juin 2005 ils furent transférés à Kondengui, prison centrale Yaoundé, où ils ont reçu la visite d’un avocat. Bien que, selon le droit camerounais, les prisonniers auraient dû être déférés devant une cour dans les trois jours, ils n’ont pas été autorisés à voir un juge pour contester les motifs de leur arrestation ou détention. La détention de ces onze hommes viole le droit camerounais mais va aussi à l’encontre des traités internationaux et régionaux sur les droits de l’homme, auxquels le Cameroun a adhéré. Ceux-ci incluent la Convention internationale sur les droits civils et la Charte africaine sur les droits humains et des peuples ». Ces arrestations suivent celles de deux femmes : Josèphe-Clarisse et Alice, qui ont été arrêtées le 21 mai 2005 après que les gendarmes eurent été appelés afin de faire cesser un différent domestique entre elles. On accorda par la suite une libération provisoire, avec la possibilité qu’elles puissent être détenues à nouveau. Amnesty International est « inquiète du fait que la raison de leur détention et de leur jugement soit leur orientation sexuelle ».

Amnesty International réclame la libération immédiate et inconditionnelle de ces onze hommes et demande que les autorités camerounaises clarifient immédiatement les accusations retenues contre ces hommes. L’association s’inquiète de la situation en détention de ces hommes dans un pays où « l’homophobie est endémique au sein de la société ».

Concernant l’Ouganda, Amnesty dénonce le climat d’hostilité perdurant dans le pays envers la population LGBT et rappelle une série d’actes homophobes, actes effectués à la demande et par les institutions du Pays, notamment sur ordre du Président ougandais. L’organisation dénonce également une série de dispositions législatives discriminatoires et qui répriment l’homosexualité dans le pays. Pour finir, Amnesty souligne le harcèlement dont sont victimes des militantEs LGBT ougandaisES.

Le mois dernier, Louis-Georges Tin, fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, dénonçait dans un communiqué la situation extrême que subissait son correspondant ougandais suite à l’arrestation dont il avait été victime à Kampala, la capitale. Le nom du correspondant est tenu secret pour des raisons de sécurité mais il s’agit d’un pasteur, arrêté par la police locale alors qu’il était en prière avec ses fidèles.

Dan les deux cas précités, Amnesty International propose une série d’actions notamment la saisine par tout un chacun des autorités diplomatiques ou consulaires des pays concernés à dessein de protester contre ces faits.

A l’initiative de la Nouvelle Zélande, un appel cosigné par un nombre important de pays a été adressé au Président de la Commission des Droits de l’Homme à l’ONU lors de la dernière cession achevée au printemps dernier pour l’adoption d’une résolution s’opposant aux discriminations et aux violences liées à l’orientation sexuelle. Cet appel a été vain. La Commission avait entamé l’examen d’une résolution, présentée par le Brésil, intitulée « Droits de l’homme et orientation sexuelle » (E/CN4/2003/L92). La résolution n’avait pas été adoptée en 2003 et 2004 lors des précédentes sessions ni à celle de cette année.

En attendant, des homsexuelLEs continuent de part le monde à subir une répression sociale et institutionnalisée au mépris des droits de l’Homme.

EN SAVOIR PLUS

Le communiqué d’Amnesty International relatif aux onze hommes détenus pour homosexualité au Cameroun : Ici
Le communiqué d’Amnesty International relatif à la situation des LGBT en Ouganda : Ici

Le site du comité IDAHO : www.idahomophobia.org

Nos articles liés au sujet :
Arrestation en Ouganda du correspondant de la Journée Mondiale contre l’Homophobie
Front à l’ONU contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle
61ème session de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU




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