Le 5 juin dernier, des militants d’Act Up Paris avait procédé à une célébration symbolique d’un mariage lesbien en la cathédrale Notre Dame à Paris.
Le recteur de Notre Dame, Patrick Jacquin, avait affirmé avoir été projeté à terre lors de l’action d’Act Up, puis piétiné et frappé par derrière à la base du cou et avait porté plainte pénalement. Classée sans suite, c’est vers le juge civil que le recteur se tourne désormais réclamant un euro de dommages et intérêts et 10 000 euros pour la publication de la décision judiciaire dans la presse.
L’archiprêtre avance le « préjudice » que lui aurait fait subir le mariage symbolique et l’atteinte à « la liberté religieuse, le libre exercice du culte et l’affectation cultuelle » de Notre-Dame.
Dans un communiqué Act Up prend note de cette décision tout avançant une version toute autre des faits : « AucunE croyantE n’a été interpelléE. Nous n’avons pas cherché à « bafouer » la religion ou porter atteinte à la liberté religieuse ou l’exercice du culte. Notre action dénonçait l’opposition de l’Eglise à l’égalité des droits entre homos et hétéros, protester contre le lobby national et international qu’elle mène sur cette question ainsi que son opposition au préservatif. Patrick Jacquin veut faire passer un mariage homosexuel pour une atteinte à la religion, et préjudice « pour touTEs les croyantEs ». Il estime donc qu’un mariage homosexuel et un baiser entre deux femmes à Notre-Dame sont autant d’insultes aux catholiques. C’est bien le problème que nous posons. Notons par ailleurs que les motifs de la plainte sont identiques aux attaques publiques de responsables politiques comme Claude Goasguen ou Nicolas Sarkozy. ».
Au-delà de cette opposition factuelle, Act Up dénonce également, via une lettre ouverte du président de l’association Jérôme Martin, le traitement par l’Agence France Presse de cette plainte civile :
« Cette dépêche ne présente pas les faits mentionnés de façon contradictoire, et donne l’impression que la version du prêtre est la seule possible. » déplore Jérôme Martin ajoutant que « Si le texte de cette dépêche énonce clairement que la plainte a été classée sans suite, la journaliste feint d’ignorer les conséquences juridiques de cette décision : si la justice n’a pu statuer sur l’identité des auteurs des éventuelles « violences », elle n’a pas davantage pu rendre une décision sur la réalité de ces « violences » et des accusations portées contre Act Up-Paris. Pourtant, l’AFP reprend à son compte un certain nombre des propos et accusations de Patrick Jacquin. L’agence écrit ainsi : « après la parodie de mariage homosexuel dans la cathédrale qui avait suscité des échauffourées » ; « un militant de l’association homosexuelle Act Up déguisé en prêtre avait « marié » deux femmes dans Notre-Dame tandis que des manifestants scandaient : « Benoît XVI, homophobe, complice du sida » » ; « Des échauffourées avaient éclaté, durant lesquelles Mgr Jacquin avait été légèrement blessé ». »
Aucune date de jugement n’est encore annoncée, le prochain rendez-vous judiciaire de l’association étant prévu le 13 décembre prochain au Tribunal correctionnel de Lille face à Christian Vanneste, député UMP, pour les propos homophobes tenus par ce dernier.
EN SAVOIR PLUS
La lettre ouverte du président d’Act Up à l’AFP : Ici
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