Le 5 juin dernier, des militants d’Act Up Paris avait procédé à une célébration symbolique d’un mariage lesbien en la cathédrale Notre Dame à Paris.
Le recteur de Notre Dame, avait affirmé avoir été projeté à terre lors de l’action d’Act Up, puis piétiné et frappé par derrière à la base du cou. Il avait porté plainte contre X pour « violences volontaires en réunion », affirmant dans un communiqué, qu’une telle manifestation « porte atteinte de manière intolérable au caractère sacré du lieu et qu’il ridiculise et tourne en dérision la foi de millions de français ». Des témoins avait contredit la « mise en scène » selon Act Up de la part du prêtre, juste après que le service de sécurité ait voulu arracher la traîne d’une des mariées, figurée par une banderole sur laquelle on pouvait lire « Homophobe ».
A la suite de cette action, 14 parlementaires UMP, dont le président du groupe UMP au Conseil de Paris Claude Goasguen, son collègue Bernard Depierre et encore Christian Vanneste (Nord), avaient signé une tribune dans le magazine Valeurs Actuelles pour dénoncer « la dérive de cette association au choix qu’elle a fait de ce lieu sacré chargé de symboles et d’histoire pour se livrer à une provocation violente mais dérisoire dans le but d’élever un comportement intime en revendication sociale», ajoutant comme menace à peine voilée que si «Il est normal que l’argent public serve à lutter contre le sida. Il n’est pas acceptable en revanche qu’il serve à alimenter un activisme de l’intolérance».
Claude Goasguen, toujours, avait écrit en juin dernier au Garde des Sceaux pour demander que le ministère publique se saisisse de « Ce simulacre (qui) a profondément bouleversé une cérémonie religieuse, constituant ainsi une profanation de ce lieu de culte ».
Dans sa réponse, publiée au Journal Officiel le 27 septembre dernier, le ministre de la Justice, Pascal Clément, informe le parlementaire et élu de la capitale du classement de l’affaire, l’infraction n’est pas caractérisée ni les auteurs potentiels clairement identifiés : « Le garde des Sceaux, ministre de la Justice, fait connaître à l’honorable parlementaire que l’enquête diligentée sous le contrôle du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Paris n’a pas permis de caractériser l’existence d’une infraction pénale susceptible d’être poursuivie. En effet, les investigations n’ont pas établi que les manifestants aient, par le désordre occasionné à la fin du service religieux, empêché, retardé ou interrompu l’exercice du culte, et, ainsi, commis la contravention prévue par l’article 32 de la loi du 9 décembre 1905. ».
En l’absence d’action pénale, sauf nouvelles informations permettant la reprise des poursuites, le Garde des Sceaux invite également le recteur de Notre Dame à intenter une action civile s’il le souhaite.
A la suite de cette action, Act Up Paris a reçu 700 mails de protestations, d’insultes homophobes, racistes et antisémites, de menaces de mort mais également de soutien, des coups de téléphone anonymes et des menaces.
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La question de Claude Goasguen et la réponse écrite du Garde des Sceaux : (Indiquer Question N° : 67716 dans le moteur de recherche)
